

Par Lyne Pelchat, directrice générale du Regroupement TDL Québec
Septembre est déjà bien amorcé. Les élèves ont retrouvé leur classe, les enseignants ont découvert leurs nouveaux groupes et, pour plusieurs parents, une nouvelle année signifie aussi recommencer un parcours que plusieurs connaissent trop bien : expliquer, sensibiliser, collaborer et, parfois, devoir défendre encore une fois les besoins de leur enfant.
Cette réalité devrait pourtant interpeller l’ensemble du milieu scolaire. Au Québec, le trouble développemental du langage touche plus de 7 % de la population, soit environ un élève sur quatorze. Cela représente près de 85 000 élèves au Québec.
Alors, après ces premières semaines de rentrée, je me pose une question : sommes-nous réellement prêts à accompagner ces élèves dans leur réalité ? Le parent est-il suffisamment outillé ? L’enseignant possède-t-il les connaissances et le soutien nécessaires ? Les directions comprennent-elles suffisamment les répercussions du TDL pour prendre des décisions éclairées ? Et surtout, sommes-nous prêts, collectivement, à travailler autrement lorsque nos façons de faire habituelles ne répondent pas aux besoins de l’élève ?
Pour ma part, je répète souvent qu’accompagner un élève ayant un TDL est un travail d’équipe. Cette équipe doit réunir l’élève, ses parents, l’enseignant, les intervenants scolaires et la direction de l’établissement. Mais avant même de parler de collaboration, il faut partir d’une base essentielle : comprendre ce qu’est le trouble développemental du langage et les défis qu’il peut entraîner.
Il faut aussi comprendre qu’un TDL ne se manifeste pas de la même façon d’une personne à l’autre. Les défis, leur intensité et leurs répercussions sur les apprentissages peuvent être très différents. Derrière un même diagnostic se trouvent des élèves uniques, avec leurs forces, leurs défis, leur rythme et leur propre façon d’apprendre. C’est cette réalité que tous les membres de l’équipe doivent avoir en tête.
L’enseignant ne peut pas porter cette responsabilité seul
Tout au long de l’été, je me suis questionnée sur la façon dont le Regroupement TDL Québec pouvait continuer à mieux outiller les enseignants. Nos rencontres sur le terrain, nos échanges et nos présences dans différents colloques nous ont permis d’entendre un message clair : les enseignants veulent mieux comprendre le TDL, mais surtout savoir comment accompagner concrètement un élève ayant un TDL en classe, sans que cela signifie nécessairement des heures supplémentaires à consacrer à la confection d’outils.
Et je les comprends. Il y a une réalité que nous ne pouvons pas ignorer : l’enseignant doit s’adapter à plusieurs profils et à une grande diversité de besoins dans sa classe, sans oublier les nombreux plans d’intervention qu’il doit appliquer, parfois pour plusieurs élèves à la fois. Et cela, sans nécessairement avoir tous les outils, toutes les ressources ou tout le soutien nécessaire.
Reconnaître cette réalité ne signifie pas renoncer à mieux accompagner les élèves. Au contraire, cela signifie reconnaître que les enseignants ont eux aussi besoin d’être accompagnés pour pouvoir mieux assister leurs élèves. Nous ne pouvons pas leur demander de porter seuls le poids de l’inclusion.
C’est dans cet esprit que le Regroupement TDL Québec met à leur disposition deux dépliants, l’un destiné aux enseignants du primaire et l’autre aux enseignants du secondaire. Ces dépliants ne remplacent ni une formation ni un accompagnement spécialisé. Ils constituent plutôt une première porte d’entrée vers une meilleure compréhension du TDL.
Pour le parent, ils peuvent être remis au nouvel enseignant de son enfant. Pour l’enseignant, ils permettent de mieux comprendre le TDL et surtout de savoir où aller chercher davantage d’information et de soutien, notamment auprès de l’organisme TDL de sa région ou du Regroupement TDL Québec.
Parce qu’au fond, personne ne devrait être laissé seul avec ses questions.
Et les directions ?
Je crois toutefois que nous devons aller plus loin. Les directions d’établissement jouent un rôle déterminant dans les conditions offertes aux élèves et aux équipes-écoles. Comprendre le TDL ne devrait donc pas être uniquement la responsabilité de l’enseignant.
Une direction qui comprend les répercussions du TDL peut mieux soutenir son personnel et mieux comprendre les besoins d’un élève. Je me questionne lorsque certaines décisions semblent être prises principalement dans l’urgence, dans le but de perturber le moins possible le fonctionnement du groupe. Est-ce vraiment ainsi que nous voulons penser l’inclusion ?
Et si nous faisions un pas de recul ? Si nous regardions ce qui fonctionne ailleurs, les écoles qui ont trouvé d’autres façons de faire, les équipes qui ont osé adapter leurs pratiques ? Pourquoi ne pas apprendre de ces belles histoires et voir comment nous pourrions les adapter à notre réalité ?
Et le parent, dans tout ça ?
Il y a aussi le parent. Chaque rentrée peut représenter pour lui un nouvel exercice de confiance : un nouvel enseignant à qui il faudra expliquer ce qu’est le TDL, une nouvelle équipe à qui raconter le parcours de son enfant, une nouvelle personne avec qui apprendre à collaborer et, encore une fois, l’espoir que son enfant soit compris et pourra apprendre dans des conditions qui tiennent compte de sa réalité.
Combien de fois un parent doit-il recommencer ?
Le parent ne devrait pas avoir à porter seul la responsabilité de faire comprendre le TDL. L’enseignant ne devrait pas être laissé seul devant les défis de sa classe. Et la direction ne devrait pas être en marge de cette réflexion. Chacun a un rôle à jouer.
Mais dans toute cette équation, il y a une personne que nous devons absolument garder au centre : l’élève !
Et si nous arrêtions de décider à l’avance jusqu’où il peut aller ?
Trop souvent, j’ai l’impression que nous avons déjà déterminé le chemin qu’un jeune pourra parcourir. Que nous avons déjà imaginé sa destination. Que, parfois, avant même qu’il ait eu la possibilité d’essayer, on lui indique ce qu’il pourra ou ne pourra pas faire !
Mais nous oublions une équation essentielle : la détermination et la persévérance d’une personne ayant un TDL.
En novembre 2025, j’ai assisté à une conférence donnée par un jeune homme qui m’a profondément marquée. À 18 ans, il n’avait que sa sixième année. Aujourd’hui, il détient un diplôme universitaire. Lorsque j’ai reçu, pendant mes vacances, une photo de ce jeune homme tenant son diplôme, j’ai repensé à celui que j’avais rencontré quelques mois auparavant. Cette photo m’a profondément touchée.
Mais surtout, ce jeune homme m’a donné, sans le savoir, encore plus de courage et de détermination pour continuer à me battre afin que les gens croient aux possibilités des personnes ayant un TDL.
Oui, certaines personnes, selon leur profil et la sévérité de leurs difficultés, ne pourront peut-être pas obtenir leur diplôme d’études secondaires, poursuivre au cégep ou entreprendre des études universitaires. Les parcours sont différents. Mais certains le feront. Et comment pouvons-nous savoir à l’avance qui y arrivera ?
Et surtout, la réussite ne se mesure pas uniquement à l’obtention d’un diplôme. Plusieurs adultes ayant un TDL ont construit leur vie, leur carrière, leur famille et leur place dans la société sans nécessairement avoir obtenu de diplôme. Leur parcours n’en est pas moins remarquable pour autant.
La réussite peut prendre différentes formes. Pour une personne, ce sera un diplôme universitaire. Pour une autre, ce sera un métier qu’elle aime, une entreprise qu’elle aura bâtie, une famille, une autonomie acquise ou simplement la possibilité de trouver sa place et de vivre une vie qui lui ressemble.
Notre rôle n’est donc pas de décider à l’avance ce que sera la réussite d’une personne ayant un TDL. Notre rôle est de lui permettre de découvrir jusqu’où elle peut aller !
Un diagnostic de TDL n’est pas une condamnation. Ce n’est pas un verdict. C’est la confirmation d’un défi, oui. Mais savoir qu’une personne a un TDL ne signifie pas savoir ce qu’elle sera capable ou incapable d’accomplir.
Nous ne connaissons pas sa détermination. Nous ne connaissons pas sa capacité à persévérer. Nous ne savons pas quel enseignant, quel accompagnement ou quel environnement pourra faire une différence dans son parcours. La détermination et la persévérance de la personne ayant un TDL constituent une partie importante de l’équation. L’autre partie nous appartient !
Comment allons-nous l’accompagner ? Comment l’enseignant va-t-il adapter son approche ? Comment l’équipe-école va-t-elle soutenir ce jeune ? Comment l’établissement va-t-il créer les conditions nécessaires à sa réussite ?
Parce qu’une chose est certaine : nous ne pouvons pas demander à un jeune de croire en ses possibilités si, autour de lui, des adultes ont déjà cessé d’y croire !
À un jeune ayant un TDL, je ne veux jamais qu’on dise : « Tu ne peux pas espérer ça. » Qui sommes-nous pour décider à l’avance de ce qu’une personne pourra accomplir ?
Je ne crois pas au monde des licornes. Je ne crois pas non plus qu’il suffît de vouloir pour réussir. Mais j’ose encore croire en l’humain ! Et surtout, je crois qu’avant de dire à quelqu’un qu’il ne peut pas, nous avons le devoir de lui donner la possibilité d’essayer.
Parce que parfois, la réussite ne ressemble absolument pas à ce que nous avions imaginé. Et parfois, le jeune que nous pensions devoir accompagner jusqu’à une certaine destination nous surprend en allant beaucoup plus loin.
Alors, laissons-lui la chance de nous surprendre ! Au bout du compte, la question n’est peut-être pas de savoir jusqu’où un élève ayant un TDL peut aller…
La vraie question est plutôt : qu’allons-nous faire, collectivement, pour lui permettre d’aller aussi loin que ses capacités, sa détermination et sa persévérance pourront le mener ?

À la rentrée, chaque enseignant retrouve une nouvelle réalité : de nouveaux élèves, de nouveaux besoins et une classe où plusieurs profils se côtoient. Dans ce contexte, accompagner un élève ayant un trouble développemental du langage (TDL) peut parfois sembler demander du temps, des connaissances et des outils supplémentaires.
Pourtant, mieux accompagner un élève ayant un TDL ne signifie pas nécessairement en faire davantage. Il s’agit souvent de faire certaines choses autrement !
Un élève ayant un TDL peut avoir de la difficulté à comprendre une consigne, à retenir plusieurs informations à la fois, à trouver ses mots, à organiser sa pensée ou à exprimer ce qu’il comprend. Ces difficultés peuvent avoir des répercussions importantes sur ses apprentissages, même lorsque ses connaissances et ses capacités sont bien présentes.
Avant d’agir, comprendre ce qui se passe
Lorsqu’un élève ne commence pas une tâche, demande plusieurs fois de répéter, répond à côté ou semble ne pas écouter, il peut être tentant de conclure qu’il manque d’attention, de motivation ou d’effort.
Mais une question peut changer notre regard : « A-t-il réellement compris ce qu’on lui demandait ? »
Chez un élève ayant un TDL, la difficulté peut se trouver dans le langage utilisé pour transmettre l’information, et non dans sa volonté d’apprendre. Avant de répéter plus fort ou plus souvent, on peut donc essayer de simplifier la consigne, de la présenter en petites étapes, d’utiliser du soutien visuel ou de demander à l’élève de montrer ce qu’il doit faire plutôt que simplement lui demander s’il a compris.
Cette dernière nuance est particulièrement importante. Un élève peut répondre « oui » lorsqu’on lui demande s’il a compris, sans avoir réellement saisi ce qu’on attend de lui. Vérifier la compréhension, c’est donc aller au-delà de cette simple question.
Faire moins… mais autrement
Dans une classe où l’enseignant doit déjà répondre à de nombreux besoins, les stratégies doivent être réalistes. L’objectif n’est pas de créer une activité différente pour chaque élève, mais de réfléchir à des façons de présenter l’information qui peuvent profiter à plusieurs.
Une consigne courte et donnée étape par étape peut aider l’élève ayant un TDL, mais aussi celui qui est distrait ou qui a simplement besoin de mieux organiser l’information. Un outil visuel peut faciliter la compréhension de plusieurs élèves. Accorder quelques secondes supplémentaires pour permettre de traiter une question peut profiter à toute la classe.
L’adaptation ne signifie donc pas toujours ajouter. Elle peut aussi signifier simplifier, structurer, ralentir ou rendre l’information plus accessible.
Il peut également être utile de porter attention au vocabulaire utilisé. Les mots abstraits, les expressions imagées, les doubles sens ou les consignes qui contiennent plusieurs informations peuvent représenter un défi supplémentaire pour certains élèves. Lorsque cela est possible, utiliser un langage clair, explicite et concret peut faciliter la compréhension sans diminuer les attentes. L’objectif n’est pas de simplifier les apprentissages pour l’élève, mais de rendre le chemin vers ces apprentissages plus accessible !
Le bon réflexe : observer avant d’interpréter
Lorsqu’une stratégie ne fonctionne pas, il peut être utile de se demander ce qui représente réellement un obstacle pour l’élève. Est-ce la quantité d’informations ? Le vocabulaire utilisé ? La longueur de la consigne ? Le fait de devoir répondre rapidement ? La difficulté à organiser ses idées
Cette observation permet de choisir une adaptation qui répond au véritable besoin plutôt que d’ajouter une mesure qui pourrait alourdir inutilement le quotidien.
Et surtout, une stratégie efficace pour un élève aujourd’hui peut devoir être ajustée demain. Le TDL ne se manifeste pas de la même façon chez toutes les personnes, et les besoins évoluent également avec l’âge et les exigences scolaires.
Le parent peut aussi contribuer à cette réflexion
La rentrée est également une occasion pour le parent de partager avec le nouvel enseignant ce qu’il connaît de son enfant : ce qui fonctionne bien à la maison, les stratégies qui facilitent sa compréhension, les situations qui représentent davantage de défis ou encore les façons qui l’aident à exprimer ce qu’il sait.
Le parent n’a pas à devenir l’expert du TDL ni à arriver à l’école avec toutes les réponses. Son expérience de son enfant constitue toutefois une précieuse source d’information pour l’équipe qui l’accompagne.
Le présent article peut d’ailleurs servir de point de départ à cette discussion. Un parent peut le partager avec l’enseignant de son enfant afin d’amorcer un échange : Qu’est-ce qui fonctionne déjà ? Quelles approches pourrions-nous essayer ? Qu’est-ce qui semble faciliter sa compréhension ?
Cette collaboration permet de passer d’une logique où chacun cherche seul des solutions à une approche où les connaissances de chacun sont mises en commun au bénéfice de l’élève.
Les équipes-écoles ne sont pas seules
Les enseignants, les professionnels et les directions n’ont pas à devenir des spécialistes du TDL pour pouvoir mieux accompagner les élèves. Ils ont toutefois besoin de repères, d’information et de ressources accessibles.
Les organismes régionaux présents aux quatre coins du Québec, sont là pour accompagner les équipes-écoles dans la compréhension des défis associés au TDL et les soutenir dans la recherche d’approches à privilégier. Ils peuvent répondre aux questions, partager de l’information et contribuer à outiller les milieux afin que les adaptations proposées correspondent aux réalités des élèves.
Le Regroupement TDL Québec met également à la disposition des parents, des enseignants et des intervenants une Boîte à outils qui rassemble différentes ressources pour mieux comprendre le TDL et soutenir les personnes qui vivent avec celui-ci. On y retrouve notamment les dépliants destinés au personnel enseignant du primaire et du secondaire.
Pour les enseignants qui souhaitent approfondir leurs connaissances, Lorianne Lacerte, orthophoniste, propose également des formations consacrées à l’accompagnement des élèves ayant un TDL en classe. Ses formations abordent notamment les impacts du TDL sur les apprentissages et les façons d’adapter les explications, les demandes et les tâches, avec des contenus conçus pour être accessibles et applicables dans la réalité scolaire.
Et si mieux accompagner ne signifiait pas en faire plus, mais faire autrement ? Une consigne mieux découpée, quelques secondes supplémentaires, des repères concrets et visuels ou une façon différente de vérifier la compréhension peuvent parfois transformer l’expérience d’un élève en classe.
Parce que derrière une difficulté apparente se trouve peut-être simplement un élève qui cherche encore la bonne façon de comprendre, de participer et de montrer ce qu’il sait !

Pour plusieurs parents d’un enfant ayant un trouble développemental du langage (TDL), la rentrée scolaire apporte son lot d’émotions. Il faut reprendre les routines, retrouver le rythme des devoirs et des communications avec l’école… mais il faut aussi, souvent, faire connaissance avec un nouvel enseignant.
Et avec ce nouvel enseignant vient parfois cette impression de recommencer : expliquer ce qu’est le TDL, décrire les défis de son enfant, préciser ce qui fonctionne, parler des stratégies déjà utilisées et espérer que tout cela permettra de partir sur de bonnes bases.
Pourtant, une rentrée ne doit pas nécessairement être un éternel recommencement. Elle peut aussi devenir une occasion de transmettre ce qui a été appris au fil des années et de construire, dès le départ, une relation de collaboration avec le nouvel enseignant.
Commencer par l’enfant, pas uniquement par le TDL
Lorsqu’on présente son enfant à un nouvel enseignant, il est naturel de commencer par parler de ses difficultés. Après tout, le parent souhaite que l’enseignant comprenne rapidement les défis auxquels son enfant pourrait être confronté.
Mais avant de parler de ce qui est difficile, pourquoi ne pas parler de qui est cet enfant ?
Qu’est-ce qu’il aime ? Qu’est-ce qui le motive ? Dans quelles situations se sent-il compétent ? Quelles sont ses forces ? Qu’est-ce qui le rend fier ?
Cette information est précieuse. Elle permet à l’enseignant de découvrir l’élève derrière le diagnostic et de mieux comprendre que le TDL constitue une partie de sa réalité, mais qu’il ne définit pas qui il est.
Expliquer ce que le TDL signifie pour son enfant
Le diagnostic de TDL ne raconte pas toute l’histoire. D’une personne à l’autre, les manifestations et les défis peuvent être très différents.
Un parent peut donc aider le nouvel enseignant en allant au-delà de la simple mention du diagnostic.
Par exemple : « Mon enfant comprend mieux lorsqu’une consigne est donnée une étape à la fois ». Ou encore : « Il peut connaître la réponse, mais avoir besoin de plus de temps pour organiser ses idées et trouver ses mots ».
Ces informations permettent de transformer une notion générale — « mon enfant a un TDL » — en une compréhension plus concrète de ce que cela signifie pour cet élève en particulier.
Partager ce qui fonctionne déjà
Le parent possède une connaissance précieuse : celle de son enfant dans la vie quotidienne.
Certaines approches ont peut-être déjà fait leurs preuves à la maison ou dans les années scolaires précédentes. Une consigne écrite, un soutien visuel, une routine prévisible, une question reformulée autrement, quelques secondes supplémentaires pour répondre… Les stratégies efficaces ne sont pas nécessairement complexes.
Il peut être utile de les partager avec le nouvel enseignant, tout en laissant place à ses propres observations.
Car ce qui fonctionne dans un contexte peut parfois être moins efficace dans un autre. La collaboration ne consiste pas à remettre à l’enseignant une liste de directives, mais à mettre en commun les connaissances de chacun pour chercher ce qui aidera le mieux l’élève.
Un outil pour faciliter la première conversation
Pour aider le parent à préparer cette rencontre avec le nouvel enseignant, nous proposons la fiche « Mon enfant et son TDL .
Cette fiche permet au parent de présenter son enfant autrement que par son diagnostic. Elle l’invite à mettre en lumière ses forces, ses intérêts, ses défis, les situations qui peuvent être plus difficiles et surtout les approches qui facilitent son quotidien et ses apprentissages.
L’objectif n’est pas de dresser une liste de consignes à l’intention de l’enseignant. Il s’agit plutôt de lui donner rapidement des repères pour mieux comprendre l’élève qui se trouve devant lui.
Le parent peut prendre quelques minutes pour remplir la fiche avant la rencontre et la remettre au nouvel enseignant en début d’année. Elle peut ensuite servir de point de départ à une conversation : Qu’est-ce qui fonctionne déjà ? Qu’est-ce qui pourrait être essayé en classe ? Qu’observez-vous de votre côté ?
Cette fiche peut également évoluer au fil du parcours scolaire. Les besoins d’un élève changent, tout comme les exigences scolaires. Elle n’est donc pas une fin en soi, mais un premier pont entre la connaissance que le parent a de son enfant et l’expertise de l’enseignant dans sa classe.
Et si on commençait par quelques questions ?
Une première conversation avec l’enseignant peut être beaucoup plus simple qu’on ne le pense.
Plutôt que de chercher à tout expliquer en une seule rencontre, pourquoi ne pas amorcer le dialogue autour de quelques questions :
- Qu’est-ce que vous observez chez mon enfant en classe ?
- Qu’est-ce qui semble bien fonctionner ?
- Dans quelles situations voyez-vous davantage de difficultés ?
- De mon côté, voici ce que nous avons remarqué à la maison…
- Y a-t-il une stratégie que nous pourrions essayer de la même façon dans les deux milieux ?
- Comment pouvons-nous communiquer lorsque quelque chose ne fonctionne pas ?
Ces échanges permettent de construire progressivement une compréhension commune. Ils donnent également au parent l’occasion d’entendre ce que l’enseignant observe en classe, une réalité qui peut être très différente de celle vécue à la maison.
Des ressources pour soutenir la collaboration
Les organismes TDL régionaux, présents aux quatre coins du Québec, sont disponibles pour répondre aux questions des parents et des équipes-écoles, soutenir leur compréhension du TDL et les accompagner dans la recherche d’approches à privilégier.
Le Regroupement TDL Québec met également à la disposition des familles et des milieux scolaires une Boîte à outils qui rassemble différentes ressources pour mieux comprendre le TDL et accompagner les personnes qui vivent avec celui-ci.
Rappel pour les enseignants : deux dépliants sont également disponibles et téléchargeables dans notre Boîte à outils, l’un destiné aux enseignants du primaire et l’autre aux enseignants du secondaire. Ils constituent une première ressource pour mieux comprendre le TDL et ses répercussions en contexte scolaire et pour savoir où aller chercher davantage d’information et de soutien.
Le parent fait partie de l’équipe
Le parent n’a pas à connaître toutes les réponses sur le TDL. Il possède toutefois une connaissance unique de son enfant : ses forces, ses intérêts, ses réactions, son parcours et les stratégies qui ont déjà fait une différence dans son quotidien.
Cette connaissance est précieuse pour l’équipe-école, tout comme l’expertise de l’enseignant l’est pour le parent. L’enseignant connaît la réalité de la classe et observe l’élève dans ses apprentissages. Les professionnels et les organismes TDL peuvent, pour leur part, contribuer à mieux comprendre les défis associés au TDL et à identifier des approches adaptées.
Chacun possède une pièce du casse-tête. C’est en les réunissant que l’on peut avoir une image plus complète de l’élève.
La rentrée ne sera peut-être jamais exempte de questionnements. Un nouvel enseignant signifie effectivement une nouvelle personne à connaître, à informer et avec qui bâtir une relation de confiance. Mais le parent n’a pas à recommencer seul.
Il fait partie de l’équipe. Sa voix compte, son expérience compte et la connaissance de son enfant est précieuse.
Et lorsque le parent, l’enseignant, l’équipe-école et les ressources qui les accompagnent acceptent de travailler ensemble, ils ne cherchent pas simplement à gérer les défis du TDL : ils créent les conditions qui permettront à l’élève de participer, d’apprendre et de développer son plein potentiel.

À la rentrée, beaucoup d’adultes se demandent comment mieux accompagner un élève ayant un trouble développemental du langage (TDL). Quelles stratégies utiliser ? Comment adapter les consignes ? Comment communiquer avec lui ?
Mais il y a une personne qu’on oublie parfois dans toutes ces discussions : l’élève lui-même.
Pour pouvoir prendre progressivement sa place dans son parcours, encore faut-il qu’il comprenne sa propre réalité. Et cela commence parfois par une conversation qui peut être délicate pour les parents : dire à son enfant qu’il a un TDL et lui expliquer ce que cela signifie.
Dans notre infolettre de juin, nous abordions justement cette question qui peut diviser. Certains parents craignent qu’en nommant le TDL, leur enfant se sente différent ou défini par son diagnostic. Pourtant, lorsqu’un enfant vit des difficultés sans comprendre pourquoi, il peut chercher lui-même une explication : Pourquoi est-ce plus difficile pour moi ? Pourquoi les autres semblent-ils comprendre plus rapidement ?
Connaître le nom de ce qu’il vit peut l’aider à mettre des mots sur son expérience. Le TDL ne devient pas une étiquette qui définit l’enfant, mais une information qui lui permet de mieux comprendre son fonctionnement.
Comprendre son TDL pour mieux agir
Un jeune peut savoir qu’il a un TDL sans nécessairement comprendre ce que cela signifie dans son quotidien.
Pourquoi est-ce difficile de suivre une longue consigne ? Pourquoi faut-il parfois plus de temps pour répondre ? Pourquoi une aide visuelle peut-il faciliter la compréhension ?
Mettre des mots sur ces expériences permet au jeune de comprendre qu’il ne s’agit pas d’un manque d’intelligence, de volonté ou d’effort.
Comprendre son fonctionnement, c’est aussi commencer à identifier ce qui l’aide.
Il peut ainsi apprendre à demander qu’une consigne soit répétée, à expliquer qu’il a besoin d’un exemple ou à préciser qu’il lui faut quelques secondes supplémentaires pour organiser sa réponse.
Mais mieux se connaître, c’est aussi reconnaître ses forces : ce que l’on aime, ce que l’on réussit bien, ce qui nous motive et les stratégies qui nous permettent d’avancer.
Les défis du TDL varient d’une personne à l’autre. Il est donc essentiel d’aider chaque jeune à découvrir son propre fonctionnement, plutôt que de lui imposer un modèle unique.
L’autonomie ne veut pas dire « se débrouiller seul »
Être autonome ne signifie pas ne jamais demander d’aide. Savoir reconnaître qu’on en a besoin et savoir comment l’exprimer constitue aussi une forme d’autonomie.
L’objectif n’est donc pas de retirer le soutien autour du jeune, mais de lui permettre de prendre progressivement une place dans les décisions qui le concernent.
À la rentrée, pourquoi ne pas lui poser la question ?
Au début de l’année scolaire, les adultes discutent beaucoup de ce qui devrait être mis en place pour l’élève. Mais pourquoi ne pas lui demander également :
Qu’est-ce qui t’aide à comprendre ?
Qu’est-ce qui est plus difficile pour toi ?
Qu’est-ce que tu aimerais que ton nouvel enseignant sache ?
Comment aimerais-tu qu’on t’aide ?
Selon son âge et ses capacités, le jeune ne pourra pas toujours répondre à toutes ces questions. Mais lui donner l’occasion d’y réfléchir est déjà une façon de lui faire une place dans son propre parcours.
Cette participation peut également s’inscrire dans les discussions entourant son plan d’intervention. Lorsque cela est possible, le jeune devrait être invité à participer aux échanges qui le concernent, à exprimer ce qu’il comprend de ses défis, ce qui l’aide et ce qu’il aimerait voir changer.
Il ne s’agit pas de lui demander de déterminer lui-même les mesures à mettre en place, mais de lui donner une voix dans les décisions qui concernent son quotidien scolaire.
Plus le jeune avance en âge, plus cette participation peut l’aider à reconnaître ses besoins, à demander de l’aide et à expliquer les stratégies qui lui permettent de mieux apprendre.
Un plan d’intervention ne devrait pas seulement être un plan fait pour l’élève. Lorsque son âge et ses capacités le permettent, il devrait aussi devenir un espace où l’élève peut être entendu et prendre progressivement sa place.
Les adultes ont aussi un rôle à jouer
Apprendre à mieux se connaître ne signifie pas que le jeune doive trouver seul les solutions.
Le parent, l’enseignant, l’équipe-école et les professionnels ont un rôle important à jouer pour l’aider à comprendre son TDL, à reconnaître ses forces et à identifier les stratégies qui lui conviennent.
Cette compréhension se construit avec le temps. Les questions d’un enfant ne seront pas les mêmes que celles d’un adolescent qui se prépare à entrer au cégep, sur le marché du travail ou dans la vie adulte.
On ne peut pas demander à un jeune de parler de ses besoins s’il n’a jamais eu l’occasion de comprendre ce qui les explique.
C’est pourquoi parler du TDL avec son enfant constitue une étape importante. Il ne s’agit pas de lui annoncer un diagnostic et de passer à autre chose. Il s’agit d’ouvrir une conversation qui pourra évoluer tout au long de son parcours.
Des ressources pour accompagner cette démarche
Pour les enfants d’âge scolaire, le livre Le trouble développemental du langage (dysphasie) raconté aux enfants constitue une excellente ressource pour expliquer le TDL de façon accessible et amorcer une démarche d’auto-observation. Il peut soutenir les échanges entre l’enfant, ses parents et les personnes qui l’accompagnent.
Pour les adolescents, le programme ESCALADE propose des activités touchant notamment la connaissance de soi, les habiletés de communication, la socialisation ainsi que la planification et l’organisation.
Deux ressources, deux étapes, mais un même objectif : aider le jeune à mieux comprendre qui il est, ce qui lui convient et ce qui peut l’aider à avancer.
Une équipe qui apprend aussi à écouter
Dans notre volonté de bien accompagner les jeunes ayant un TDL, nous cherchons souvent les meilleures stratégies pour eux.
Mais parfois, une partie de la réponse se trouve dans une question toute simple :
« Qu’est-ce qui t’aide, toi ? »
Écouter la réponse du jeune ne signifie pas lui laisser toute la responsabilité. Cela signifie reconnaître qu’il est lui aussi un acteur de son parcours.
Le parent, l’enseignant, l’équipe-école, les professionnels et les organismes TDL ont chacun un rôle à jouer. Mais au centre de cette équipe, il y a une personne qui doit progressivement apprendre à mieux comprendre son propre fonctionnement et à prendre sa place.
Parce que l’objectif ultime n’est pas seulement d’aider un jeune à traverser son année scolaire. C’est aussi de lui donner les connaissances, les stratégies et la confiance nécessaires pour avancer avec elles, longtemps après la rentrée.
Et peut-être que tout commence par quelque chose d’aussi simple que de lui dire :
« Tu as un TDL. Voici ce que cela signifie pour toi. Et ensemble, nous allons découvrir ce qui t’aide à avancer ! »

Comment expliquer le trouble développemental du langage à un jeune enfant ? C’est ce que propose Les mots de Léo, un livre destiné principalement aux enfants de 4 à 7 ans vivant avec un TDL.
À travers l’histoire de Léo, un garçon de 5 ans, l’enfant découvre une façon simple et accessible de comprendre ses difficultés langagières. L’histoire aborde notamment les moments où les mots sont difficiles à trouver ou à exprimer, en utilisant des images adaptées aux jeunes enfants.
Mais Les mots de Léo s’adresse aussi aux adultes qui accompagnent l’enfant. Le livre propose des explications sur le TDL ainsi que des pistes pour mieux comprendre ses répercussions dans la vie quotidienne, scolaire, sociale et émotionnelle. Il peut ainsi devenir une aide pour les parents, les enseignants, les éducateurs et les professionnels qui souhaitent amorcer une discussion avec l’enfant autour de ses défis langagiers.
Au-delà de la compréhension du TDL, le livre transmet un message essentiel : un trouble développemental du langage ne définit pas l’enfant. Ses forces, ses intérêts, sa personnalité et ses rêves font partie intégrante de qui il est.
Une ressource accessible et bienveillante pour aider les enfants à mettre des mots sur leur réalité et pour favoriser une meilleure compréhension du TDL dans leur entourage.

Le mois d’octobre s’annonce particulièrement important pour la communauté TDL. Plusieurs rendez-vous seront à inscrire dès maintenant à votre agenda, et d’autres seront annoncés prochainement !
16 octobre — Journée internationale de sensibilisation au TDL
Sous le thème « Ensemble pour le TDL », cette journée sera l’occasion de faire rayonner le TDL, de sensibiliser la population et de rappeler l’importance d’une meilleure compréhension de cette réalité.
19 au 25 octobre — 11e édition de la Semaine québécoise du TDL
La Semaine se déroulera sous le thème « Au-delà des préjugés ! Le TDL persiste tout au long d’une vie ». Une semaine pour mieux comprendre le TDL, déconstruire les préjugés et rappeler qu’il ne disparaît pas avec l’enfance.
20 octobre — Atelier pour mieux accompagner les adolescents ayant un TDL
À l’adolescence, les défis de communication associés au TDL peuvent influencer la participation sociale, l’autonomie et la transition vers la vie adulte.
Dans le cadre de la Semaine québécoise du TDL, le Regroupement TDL Québec invite les intervenants et les professionnels à un événement virtuel consacré à des stratégies et des outils concrets pour mieux accompagner les adolescents et adolescentes ayant un TDL.
Trois rendez-vous, un même objectif : mieux comprendre le TDL, mieux accompagner les personnes qui vivent avec celui-ci et faire évoluer les regards.
Réservez ces dates dès maintenant et restez à l’affût pour connaître tous les détails des activités et événements du mois d’octobre !
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Visitez le site www.regroupementtdl.ca pour découvrir des informations et outils pratiques, ainsi que les ressources disponibles dans chaque région.
Au plaisir de vous partager des nouveautés le mois prochain ! Lyne Pelchat 1 800 495-4118 #100 | direction@regroupementtdl.ca |











































