

Par Lyne Pelchat, directrice générale du Regroupement TDL Québec
Le trouble développemental du langage, le TDL, est un trouble neurodéveloppemental encore trop peu présent dans les discussions sur la neurodiversité.
Depuis quelque temps, je lis, j’écoute, j’observe.
La neurodiversité prend de plus en plus de place. Dans les articles, les outils, les formations. Et tant mieux !
On parle d’autisme, de TDAH, de dyslexie et d’autres troubles. Mais trop souvent, un grand absent persiste : le trouble développemental du langage…
Alors je me pose la question. Pourquoi ?
Pourquoi, lorsqu’on parle de neurodiversité, le TDL est si peu nommé, alors qu’il touche plus de 7 % de la population (plus de 650 000 personnes au Québec)? Pourquoi ce trouble, bien réel, demeure encore en marge du discours ?
De ce que je comprends, le TDL prend naissance dans le cerveau et influence la manière de comprendre, de traiter et d’exprimer le langage. Mais ça ne s’arrête pas là !
Le TDL est un «handicap» de communication.
Oui, je sais, je crée un inconfort lorsque je mets de l’avant le mot «handicap». Cependant, si nous souhaitons éviter que les personnes vivant avec un TDL soient mises en situation de handicap, il faut d’abord nommer ce qu’est un handicap et comprendre comment agir.
Éviter ce mot, c’est aussi, malheureusement, limiter l’accès à certains accommodements. Ce n’est pas une opinion, c’est une réalité encadrée, entre autres, par les lois (plus spécifiquement au fédéral).
Mon point est simple : identifions, faisons connaître le TDL pour ce qu’il est, et assurons-nous que les personnes soient accompagnées adéquatement, avec les bons outils !
On me dira : « On ne veut pas étiqueter. » Mais il ne s’agit pas d’étiquettes. Il s’agit de reconnaissance. Reconnaître un trouble complexe, s’assurer qu’il soit compris, accompagné, et que les services soient réellement en place, pour tous les groupes d’âge.
Parce que le TDL, ce n’est pas juste le langage.
Le TDL, c’est aussi :
- la mémoire de travail
- la planification et l’organisation
- l’attention et la flexibilité cognitive
- l’inhibition et l’adaptation
- les interactions sociales
- et autre atteinte selon la personne
Et au bout de tout ça, il y a l’estime de soi ! C’est un fonctionnement global, qui varie d’une personne à l’autre.
C’est dans ce contexte que je lance un appel.
À tous ceux et celles qui parlent de neurodiversité, que ce soit comme auteurs, créateurs de contenu, formateurs, décideurs, chercheurs ou experts : je vous invite à élargir votre regard et à inclure le TDL dans vos réflexions, dans vos contenus et dans vos outils.
Parce que si nous parlons de neurodiversité, nous devons parler de toutes ses réalités !
Et si nous parlons d’inclusion, ce mot que l’on retrouve partout, alors il faut se poser une question essentielle : inclure qui, exactement ?
Parce que pour inclure, il faut d’abord reconnaître. Sans reconnaissance, l’inclusion reste un concept. Avec reconnaissance, elle devient une action !
Oui, les orthophonistes jouent un rôle essentiel. Elles sont au cœur de la compréhension du TDL. Le langage est souvent le principal indicateur permettant d’émettre une hypothèse, et leur expertise est déterminante.
Depuis des années, elles accompagnent, expliquent et outillent. Elles ont contribué à structurer les connaissances et à faire avancer la reconnaissance du TDL. Leur rôle est primordial dans un accompagnement interdisciplinaire.
Cependant, le TDL ne se limite pas au langage.
Alors la question se pose. Qui va approfondir les fonctions exécutives, documenter les impacts cognitifs au-delà du langage et rendre ces connaissances accessibles aux milieux scolaires, aux familles et aux employeurs ?
Parce que le besoin est là.
Au Québec, il existe aussi une réalité que nous ne pouvons ignorer.
Le TDL est reconnu scientifiquement comme un trouble neurodéveloppemental. Pourtant, dans l’organisation des services, il est associé à la déficience du langage, dans le champ de la déficience physique.
Autrement dit, un trouble lié au cerveau… classé dans une catégorie physique.
Et pourtant, l’autisme est intégré dans un programme spécifique : déficience intellectuelle et trouble du spectre de l’autisme. Sans diminuer l’autisme, rappelons que sa prévalence se situe autour de 1,2 % à 2 %. Alors que le TDL touche plus de 7 %.
Mon intention n’est pas de comparer pour diminuer. Mon intention est de permettre de voir cette perspective, de comprendre pourquoi je me questionne, et pourquoi nous devrions collectivement nous poser ces questions.
Pourquoi une telle différence de classification ?
Serait-ce une des raisons pour lesquelles nous devons encore nous battre pour que le TDL ait accès aux accompagnements et aux services nécessaires, et ce, à travers les différents ministères ?
Alors oui, la question se pose.
Comment mieux arrimer la science, les pratiques et les services ? Comment reconnaître le TDL pour ce qu’il est réellement ?
Un trouble invisible où le cerveau a un impact au-delà du langage. Un handicap de communication qui influence un parcours de vie.
Parce que ne pas nommer une réalité, c’est contribuer à la rendre invisible. Et lorsque c’est invisible, c’est plus difficile d’agir.
Aujourd’hui, je vous invite à changer cela. À ouvrir la conversation, à élargir le regard et à inclure le TDL dans les discussions sur la neurodiversité.
Nous sommes fiers de pouvoir compter sur l’expertise du docteur Dave Ellemberg, qui contribue à faire évoluer notre compréhension du TDL au-delà du langage.
Son article nous amène à voir le TDL autrement. À comprendre que, pour certaines personnes, d’autres fonctions cognitives, notamment les fonctions exécutives, peuvent être touchées. Et que c’est en élargissant notre compréhension que nous serons en mesure de mieux accompagner.
Prenez quelques minutes pour lire cet article. Il pourrait changer votre regard.
C’est peut-être la question que nous devons nous poser collectivement : voyons-nous et reconnaissons-nous réellement le TDL dans sa globalité lorsque nous parlons de neurodiversité ?
Parce que voir et reconnaître le TDL dans sa globalité, c’est ce qui permet d’adapter nos actions, nos services et nos accommodements aux diverses réalités vécues par les personnes vivant avec un TDL !
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JOUER POUR APPRENDRE… ET POUR MIEUX COMMUNIQUER !
Et si le jeu devenait un des meilleurs alliés du développement du langage ?
On le sait instinctivement : les enfants aiment jouer. Mais soyons honnêtes, les adolescents et les adultes aussi… même si on l’oublie parfois.
Ce que la recherche nous confirme de plus en plus, c’est que le jeu est bien plus qu’un simple moment de plaisir. C’est un levier puissant pour apprendre, comprendre et communiquer.
Et ça, autant pour les enfants en développement typique que pour ceux vivant avec un trouble développemental du langage.
Le jeu : une façon naturelle d’apprendre
Dans les premières années de vie, le jeu est au cœur du développement de l’enfant. Il lui permet d’explorer, d’expérimenter, d’interagir et de donner du sens à ce qui l’entoure. Dans ce contexte, le langage ne se développe pas de façon isolée. Il évolue naturellement à travers les interactions, les échanges et les expériences vécues.
Le Programme de la maternelle et du jardin d’enfants du gouvernement de l’Ontario (2016) met d’ailleurs de l’avant l’apprentissage par le jeu comme approche centrale au développement global de l’enfant.
Concrètement, cela signifie que l’enfant apprend mieux lorsqu’il est engagé, lorsqu’il y trouve du plaisir et lorsqu’il comprend ce qu’il fait. Et le jeu coche toutes ces cases.
Le jeu symbolique : un moteur pour le langage
Parmi les différentes formes de jeu, le jeu symbolique occupe une place importante. C’est ce fameux « faire semblant », où l’enfant invente des histoires, joue des rôles et recrée des situations.
Les travaux présentés par le Département de médecine de l’Université de Montréal (Point Mathieu, 2009) démontrent que le jeu symbolique constitue un contexte privilégié pour stimuler le langage, notamment chez les enfants présentant des difficultés langagières.
Dans ces moments, l’enfant structure sa pensée, développe son vocabulaire et apprend à communiquer dans un contexte réel. L’Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec souligne également que ces situations favorisent des échanges plus riches et plus spontanés.
Autrement dit, l’enfant n’apprend pas seulement des mots. Il apprend à s’exprimer, à interagir et à se faire comprendre.
Un impact bien au-delà des mots
Le jeu ne stimule pas uniquement le langage. Il soutient aussi plusieurs fonctions essentielles comme la mémoire de travail, l’attention, la planification, la flexibilité cognitive et les habiletés sociales.
Ces fonctions sont particulièrement importantes pour les personnes vivant avec un TDL. Le langage devient alors un outil pour comprendre, s’exprimer, interagir et s’adapter au quotidien.
Ce qui est particulièrement intéressant, c’est que ces bénéfices se retrouvent à tous les âges. Le jeu demeure un levier pertinent non seulement pour les enfants, mais aussi pour les adolescents et les adultes, en permettant de soutenir la communication, les interactions sociales et certaines fonctions exécutives dans des contextes plus naturels et engageants.
Jouer pour apprendre… sans pression
L’un des grands avantages du jeu, c’est qu’il enlève la pression liée à la performance. L’enfant peut essayer, se tromper, recommencer, sans se sentir évalué.
L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) met en lumière l’importance des interactions parent-enfant dans un contexte de jeu pour soutenir le développement du langage. Ces interactions simples, répétées dans un contexte positif, ont un impact réel et durable.
Le jeu vu par une psychologue : une approche qui gagne du terrain
Du côté de la psychologie, cette approche gagne aussi en importance. De plus en plus de professionnels intègrent le jeu comme levier d’intervention.
C’est notamment le cas de Elsa Brais-Dussault, psychologue-chercheure et fondatrice de LudiPsy, qui développe une approche neuroinclusive et ludique.
Dans sa pratique, le jeu devient un outil central pour soutenir la communication, la motivation, les habiletés sociales, la régulation émotionnelle et l’estime de soi. L’objectif est de créer des contextes où l’enfant s’engage naturellement dans ses apprentissages.
Des initiatives concrètes portées par les organismes qui œuvrent pour le TDL
Cette approche par le jeu prend vie concrètement dans plusieurs régions grâce à l’implication des organismes qui œuvrent pour le TDL.
Par exemple, certains ateliers destinés aux enfants, comme Briquémots, offert notamment par TDL Montérégie, permettent de stimuler le langage à travers des activités concrètes et engageantes.
À travers ces ateliers, les participants peuvent développer leur vocabulaire, travailler les règles de communication comme le tour de parole et l’écoute, et renforcer leurs habiletés sociales, tout en s’amusant. Ce type d’activité permet également de soutenir certaines fonctions exécutives, comme la planification, l’organisation et la flexibilité, en plus de solliciter la motricité fine et la coordination à travers la manipulation.
Du côté des adolescents et des adultes, plusieurs organismes proposent également des activités ludiques adaptées, comme des soirées de jeux de société, des jeux de stratégie ou de collaboration, ainsi que des rencontres thématiques. Ces activités permettent de travailler la communication, les interactions sociales et certaines fonctions exécutives dans un contexte convivial et motivant.
Ces initiatives démontrent qu’il est possible d’adapter le jeu à chaque étape de la vie, en fonction des besoins, des intérêts et des réalités de chacun.
BiblioJeux, un outil concret à découvrir
Dans cette même logique, il existe des outils simples et accessibles que les parents et les intervenants peuvent utiliser au quotidien.
C’est le cas de BiblioJeux.
Offert dans plusieurs bibliothèques, ce programme propose une sélection de jeux conçus pour stimuler différentes habiletés, dont le langage. Chaque jeu est accompagné de fiches explicatives simples qui permettent de comprendre comment accompagner l’enfant et adapter le jeu selon ses besoins.
Et surtout, ces ressources sont accessibles gratuitement.
C’est une façon concrète de mettre en pratique les principes que l’on vient de voir, simplement, à la maison ou dans un contexte d’intervention.
Et si on revenait à l’essentiel?
Au fond, le jeu nous rappelle quelque chose d’essentiel.
Apprendre ne passe pas uniquement par des exercices structurés. Apprendre passe aussi par le plaisir, la relation et l’expérience.
Et dans le développement du langage, ces éléments font toute la différence.
Une invitation à explorer… et à se retrouver
Que ce soit à travers les ateliers proposés par les organismes qui œuvrent pour le TDL ou des outils comme BiblioJeux, les possibilités sont nombreuses. Mais au-delà des apprentissages, il y a quelque chose d’encore plus important à retenir : le plaisir doit être au cœur du jeu. Oui, pour l’enfant, bien sûr, mais aussi pour l’adolescent, pour l’adulte, pour le parent et, au fond, pour nous tous.
Parce que jouer ensemble, ce n’est pas seulement stimuler le langage. C’est aussi créer des moments de connexion, renforcer le lien parent-enfant, nourrir le lien entre frères et sœurs, et permettre à la famille de se retrouver autrement. Trop souvent, le quotidien des familles qui accompagnent une personne vivant avec un TDL est rythmé par les rendez-vous, les suivis, les adaptations et toute l’organisation qui vient avec. Le jeu, lui, offre autre chose. Il permet de se retrouver non pas autour d’une responsabilité ou d’une intervention, mais autour d’un moment partagé, léger et agréable.
Les recherches en développement de l’enfant montrent d’ailleurs que le jeu partagé favorise autant les apprentissages que la qualité du lien affectif et le sentiment de sécurité. Du côté de la fratrie, le jeu devient aussi un espace précieux pour apprendre à interagir, à coopérer, à négocier et à créer des souvenirs communs.
Et si on voyait ces moments autrement ? Non pas comme une tâche de plus à intégrer à l’horaire, mais comme une occasion de rire, de ralentir, de se rapprocher et de simplement être ensemble !
Découvrez Bibliojeux

Le plan d’intervention scolaire est une démarche essentielle dans le parcours d’un élève qui présente des difficultés à l’école. Pourtant, malgré son importance, il demeure encore mal compris, autant par les parents que par plusieurs acteurs du milieu.
Au Québec, une réalité doit être clairement comprise dès le départ : l’accès aux services et à l’accompagnement en milieu scolaire n’est pas conditionnel à l’obtention d’un diagnostic.
Selon les orientations du ministère de l’Éducation, les décisions doivent être basées sur les impacts fonctionnels observés chez l’élève. Ce sont donc les difficultés concrètes vécues au quotidien, en classe et dans les apprentissages, qui doivent guider la mise en place des mesures de soutien.
Cette précision est fondamentale, car une perception persiste encore largement sur le terrain à l’effet qu’un diagnostic est nécessaire pour obtenir de l’aide. Or, ce n’est pas le cas.
Oui, un diagnostic permet de mieux comprendre et de cibler les interventions, notamment grâce aux recommandations qui l’accompagnent. Cependant, la réalité au Québec est que plusieurs jeunes arrivent dans le système scolaire sans diagnostic, notamment en raison des délais et des listes d’attente du côté du réseau de la santé et des services sociaux.
Ces délais ne devraient jamais retarder l’accès aux services. Un élève n’a pas à attendre pour être soutenu. Ses besoins doivent être reconnus dès qu’ils sont observés.
C’est dans ce contexte que le plan d’intervention scolaire prend toute son importance.
Un outil concret pour mieux comprendre et agir
Avant même d’entrer dans le détail du plan d’intervention, il est important de mettre en lumière un élément qui peut faire une réelle différence pour les parents : la compréhension de cette démarche.
Afin de rendre cette démarche plus accessible, un outil vulgarisé a été développé par l’organisme TDL Québec membre du RTDLQ.
Cet outil permet aux parents de mieux comprendre les différentes composantes du plan d’intervention, de saisir les choix qui leur seront proposés et d’anticiper les impacts possibles de ces décisions sur le parcours de leur enfant.
Au Regroupement TDL Québec, nous sommes fiers de mettre de l’avant ce type d’initiatives ainsi que les outils développés par les organismes à travers le Québec. Ces réalisations témoignent d’une collaboration essentielle à l’échelle provinciale et viennent répondre à un besoin bien réel sur le terrain.
Parce qu’un parent bien informé est un parent mieux outillé pour accompagner son enfant.
Comprendre ce qu’est réellement un plan d’intervention
Lorsqu’un enfant rencontre des difficultés à l’école, que ce soit sur le plan des apprentissages, du langage ou dans son fonctionnement global, le plan d’intervention devient la démarche structurante pour organiser les actions à mettre en place.
Il ne s’agit pas uniquement d’un document, mais bien d’une approche concertée. Le plan d’intervention permet de structurer la réflexion, de clarifier les besoins de l’élève, de définir des objectifs et de mettre en place des moyens concrets, tout en précisant les rôles de chacun.
Cette démarche est évolutive. Elle doit être ajustée en fonction de la progression de l’élève et des défis qui persistent. Un plan d’intervention pertinent est une démarche qui vit, qui s’adapte et qui reflète la réalité de l’enfant.
Dans le réseau scolaire, le plan d’intervention ne s’inscrit pas de façon isolée. Il fait partie d’une vision plus large portée par le ministère de l’Éducation, notamment à travers le cadre de la différenciation pédagogique.
La différenciation pédagogique repose sur un principe simple mais essentiel : tous les élèves n’apprennent pas de la même façon, ni au même rythme. Elle vise donc à adapter les pratiques d’enseignement, les stratégies et les modalités d’évaluation afin de répondre à la diversité des besoins en classe.
Le plan d’intervention vient structurer cette adaptation lorsqu’elle doit être formalisée pour un élève en particulier. Il permet de passer d’une intention générale d’adaptation à des actions concrètes, planifiées et suivies dans le temps.
En ce sens, il ne s’agit pas d’une démarche à part, mais bien d’un prolongement des pratiques pédagogiques adaptées, lorsque les besoins de l’élève nécessitent une organisation plus soutenue et concertée.
Entre orientations ministérielles et réalité du terrain
Cependant, il est essentiel de faire une distinction importante entre ce qui est prévu dans les orientations ministérielles… et ce qui se vit réellement sur le terrain.
En théorie, les services et les mesures devraient être mis en place en fonction des besoins de l’élève. En pratique, la réalité varie d’un centre de services scolaire à l’autre, et même d’une école à l’autre.
Les contraintes budgétaires, le manque de ressources, les priorités organisationnelles et les réalités propres à chaque milieu viennent influencer directement l’accès aux services.
Il faut aussi nommer une autre réalité préoccupante : la méconnaissance du trouble développemental du langage.
Sur le terrain, les échanges avec les enseignants et les intervenants nous démontrent que plusieurs ne connaissent pas le trouble développemental du langage. Toutefois, plusieurs reconnaissent l’ancienne appellation, soit la dysphasie.
Cette confusion n’est pas sans conséquence. Elle contribue à des incompréhensions, à des retards dans la reconnaissance des besoins et, ultimement, à un accès inégal aux services et aux mesures adaptées.
Cette réalité renforce l’importance de mieux informer, de mieux outiller et de mieux accompagner l’ensemble des acteurs concernés.
C’est d’ailleurs dans cette optique que l’infolettre du mois de mars a mis de l’avant différentes ressources permettant de mieux comprendre les droits des parents et des élèves dans le milieu scolaire.
Un travail d’équipe incluant le jeune
Au-delà des structures, il est essentiel de rappeler que le plan d’intervention est avant tout un travail d’équipe.
Oui, il y a l’équipe école. Oui, il y a le parent. Mais pour que les interventions soient réellement efficaces et porteuses de résultats, il est indispensable d’impliquer le jeune lui-même.
Le jeune ne doit pas être placé devant des décisions déjà prises. Il doit être inclus dans la compréhension de ses défis, dans les discussions et, lorsque possible, dans les choix des moyens qui seront mis en place pour l’aider.
Cette implication contribue à renforcer son engagement, sa motivation et son sentiment de compétence.
Des droits à connaître et à exercer
Pour les parents, le plan d’intervention est un espace de participation important. Ils ont le droit d’être informés, de comprendre ce qui est proposé et de prendre part aux décisions.
Un élément mérite d’être clairement nommé : un parent a le droit d’être accompagné lors des rencontres avec l’équipe école.
Que ce soit par une personne de confiance, un intervenant ou un représentant d’un organisme, cette présence est légitime et peut faire une réelle différence.
Il est aussi possible d’être accompagné en amont, dans la préparation de ces rencontres. Des organismes comme Place à l’école, un organisme à portée provinciale, offrent justement ce type de soutien.
Place à l’école accompagne les parents partout au Québec afin de les aider à mieux comprendre le fonctionnement du milieu scolaire, à décoder le langage utilisé, à structurer leurs questions et à clarifier leurs attentes.
Mieux comprendre pour mieux agir
Lorsqu’il est bien compris et utilisé, le plan d’intervention devient un véritable levier. Il favorise la cohérence des actions, renforce la collaboration entre l’école, la famille et le jeune, et soutient de façon plus efficace le parcours de l’élève.
À l’inverse, lorsqu’il est mal compris ou utilisé de manière superficielle, il risque de perdre son sens.
Comprendre le plan d’intervention, c’est se donner les moyens d’agir dans un système qui, bien qu’encadré, comporte encore plusieurs variations.
Parce qu’au-delà du document, il y a un jeune. Et autour de ce jeune, une équipe… qui doit réellement travailler ensemble !

Obtenir un permis de conduire est une étape importante vers l’autonomie. Pour les personnes vivant avec un trouble développemental du langage, les examens de la Société de l’assurance automobile du Québec, notamment l’examen théorique et l’examen pratique, peuvent représenter des défis liés à la compréhension des consignes, au traitement de l’information ou à la gestion du stress.
Ce que plusieurs ignorent, c’est qu’il est possible d’obtenir des mesures d’adaptation pour faciliter ce parcours.
Encore faut-il le savoir… et savoir comment en faire la demande.
Le printemps s’installe tranquillement, et avec lui, un vent de nouveauté et de projets. Pour plusieurs adolescents et jeunes adultes, c’est le moment où l’on pense à passer à l’étape suivante : obtenir son permis de conduire.
Avec les bons outils et les bonnes démarches, ce projet est non seulement possible, mais accessible.
Des conditions adaptées pour permettre la réussite
L’enjeu n’est pas la capacité à conduire, mais bien les conditions dans lesquelles les évaluations sont réalisées.
L’examen théorique peut être exigeant sur le plan de la compréhension et du traitement de l’information. L’examen pratique, quant à lui, demande de bien comprendre et appliquer des consignes en situation réelle.
C’est pour cette raison que la Société de l’assurance automobile du Québec prévoit des mesures d’adaptation pour les personnes ayant des besoins particuliers.
Des mesures d’accompagnement à demander
La SAAQ peut offrir différentes mesures, notamment :
- du temps supplémentaire
- des consignes adaptées
- un accompagnement pour la lecture ou la compréhension
- un environnement plus calme
Ces mesures permettent de démontrer les compétences réelles de la personne dans un contexte mieux adapté à ses besoins.
Cependant, elles ne sont pas automatiques. Elles doivent être demandées.
Faire une demande : les étapes à suivre
Pour obtenir ces mesures, il est important de suivre les bonnes étapes.
Étapes à suivre
- Rendez-vous sur le site de la SAAQ
- Cliquez sur « Permis de conduire »
- Cliquez sur « Auto (classe 5) »
- Cliquez sur « Examen théorique de la SAAQ »
- Rendez-vous à la section « Besoins particuliers »
Deux façons de faire la demande
- Par courriel
Permet d’expliquer clairement les besoins, de structurer la demande et de la réviser avant l’envoi - Par téléphone
Permet de parler à un préposé et de faire inscrire les informations au dossier
Il est recommandé de faire les deux démarches.
Se préparer avant la démarche
Si exprimer les besoins est plus difficile, il est fortement suggéré de :
- noter les besoins à l’avance
- préparer des exemples concrets
- se faire accompagner par un parent, un proche ou un intervenant
Un point très important
Même si la démarche est présentée dans la section de l’examen théorique, il est essentiel de mentionner dès le premier contact :
- les besoins pour l’examen théorique
- les besoins pour l’examen pratique
Cela permet d’assurer un suivi complet dès le début du processus.
Un accompagnement qui fait la différence
Au-delà des services offerts par la SAAQ, certaines ressources terrain peuvent réellement soutenir la réussite.
C’est le cas de l’École de conduite Lotbinière, dirigée par Gabriel Beaudet.
Située à Sainte-Flavie, dans la région de Chaudière-Appalaches, cette école se distingue par une approche humaine et adaptée. M. Beaudet accompagne des personnes présentant différentes réalités et défis, notamment en lien avec la compréhension et l’expression.
Au fil des années, il a développé une expertise qui lui permet d’offrir un accompagnement personnalisé, autant pour les premières démarches que pour les reprises d’examens.
Bien que son école ne soit pas installée aux quatre coins de la province, il accompagne des personnes provenant de différentes régions du Québec. Il est donc pertinent de communiquer avec lui pour poser vos questions, valider votre situation et explorer les possibilités de bénéficier de son accompagnement.
Son approche permet notamment :
- un accompagnement personnalisé
- une meilleure compréhension des attentes des examens
- des stratégies adaptées au rythme de la personne
Il offre :
- du soutien pour les reprises d’examens
- des stratégies concrètes
- un accompagnement humain et structuré
Une ressource précieuse pour ceux qui ont besoin d’un accompagnement supplémentaire.
Un message important à retenir
Obtenir son permis de conduire est un objectif accessible. Certaines personnes auront besoin de moyens différents pour y arriver. Cela est normal.
Demander de l’aide n’est pas un échec. C’est une stratégie !
Le printemps est souvent synonyme de nouveaux départs. Pour plusieurs jeunes, c’est le début d’un parcours vers plus d’autonomie. Et pour les personnes vivant avec un TDL, ce parcours est tout aussi possible.
Avec les bons outils.
Avec le bon accompagnement.
Et surtout, avec la bonne information.
Parce qu’au final, l’objectif n’est pas de faire comme les autres, c’est d’y arriver à sa façon !
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Le mois de mai sera riche en contenu et en réflexion.
Tout au long du mois, se déroule le Mois de la communication et de l’ouïe. À cette occasion, le Regroupement TDL Québec, en collaboration avec les organismes qui œuvrent pour le TDL, mettra de l’avant différents contenus pour mieux faire comprendre la communication et, surtout, la réalité vécue par les personnes présentant un trouble développemental du langage.
Parce que la communication ne se limite pas aux mots. Elle touche les interactions, la compréhension, la participation sociale et la place que l’on prend… ou que l’on n’ose pas toujours prendre.
Le mois de mai est également marqué par la Semaine de la santé mentale, qui se tiendra du 4 au 10 mai 2026. Cette semaine sera l’occasion de faire des liens essentiels entre le TDL et les défis de santé mentale.
Nous aborderons notamment la réalité des parents, leurs préoccupations et les impacts que peut avoir le TDL sur l’équilibre familial. Parce qu’accompagner une personne vivant avec un TDL, c’est aussi porter une charge émotionnelle bien réelle.
Nous vous invitons à rester à l’affût tout au long du mois de mai, à nous suivre sur nos médias sociaux et à consulter le calendrier des événements pour ne rien manquer.
Des contenus, des réflexions et des outils seront partagés pour mieux comprendre, mieux soutenir… et continuer de rendre visible ce trouble invisible.
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Visitez le site www.regroupementtdl.ca pour découvrir des informations et outils pratiques, ainsi que les ressources disponibles dans chaque région.
Au plaisir de vous partager des nouveautés le mois prochain ! Lyne Pelchat 1 800 495-4118 #100 | direction@regroupementtdl.ca |







































