

Par Lyne Pelchat, directrice générale du Regroupement TDL Québec
Au cours des derniers mois, un constat s’est imposé à moi : trop de parents tentent encore de naviguer seuls dans un système scolaire devenu complexe !
Trop souvent, ils ne savent pas vers quels alliés se tourner lorsque la situation scolaire de leur enfant se complique ou que les démarches avec l’école deviennent difficiles à comprendre.
Ce constat, je l’entends dans mes échanges avec les parents, mais aussi dans mes discussions avec les acteurs du milieu scolaire. Et plus récemment, avec la remise du dernier bulletin scolaire, cette réalité s’est encore imposée avec force.
Pour certains parents, ce moment devient un rappel difficile. Malgré les rencontres, les démarches et les efforts investis, peu de changements sont visibles pour leur enfant. Dans certains cas, la situation semble même s’être compliquée, avec des impacts bien réels sur la motivation et l’estime de soi du jeune.
Face à cette réalité, j’ai pris la décision que cette édition de l’infolettre soit entièrement consacrée à une priorité claire : outiller les parents et mettre en lumière les alliés capables de les accompagner dans leurs démarches scolaires.
Une autre réalité ressort également très clairement des échanges que j’ai avec le milieu scolaire. Malgré toute la bonne volonté des équipes écoles, les décisions et les coupures qui se font ressentir depuis le retour en classe pour l’année scolaire 2025-2026 ont un impact direct sur l’accès aux services et sur les interventions nécessaires pour soutenir les élèves.
Il est important de le dire clairement : l’enseignant n’est pas au cœur des décisions qui créent ces situations. Bien souvent, il en subit plutôt les conséquences.
Dans sa classe, il doit accompagner plusieurs élèves ayant des plans d’intervention, répondre à des besoins très variés et tenter de faire progresser chacun d’eux, tout en composant avec des ressources parfois limitées. Cette réalité mérite d’être reconnue. Les enseignants se retrouvent souvent en première ligne à porter les effets de décisions qui ne relèvent pas d’eux.
Dans un système scolaire devenu complexe, connaître les bons alliés peut réellement faire une différence.
Dans plusieurs situations, le manque d’information sur le rôle des différents organismes complique encore davantage les démarches. Pourtant, mieux connaître ces ressources et comprendre dans quel ordre elles peuvent être sollicitées peut faire une réelle différence pour les parents !
Dans cette édition de l’infolettre, nous mettons donc en lumière plusieurs alliés importants qui peuvent accompagner les parents dans leurs démarches scolaires.
Parmi ceux que nous vous présentons, vous retrouverez notamment :
- L’Office des personnes handicapées du Québec (OPHQ), une ressource pour informer, accompagner et orienter les personnes vivant avec un handicap et leur famille.
- La Fédération des comités de parents du Québec, un organisme qui informe et outille les parents sur leurs droits et leur rôle dans le système scolaire.
- Le Protecteur national de l’élève, l’instance indépendante chargée d’examiner les plaintes liées aux services scolaires.
- La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, un organisme qui peut intervenir lorsque les droits d’une personne, notamment en situation de handicap, ne sont pas respectés.
Dans plusieurs démarches liées au milieu scolaire, un autre allié mérite également d’être connu des parents : l’organisme Place à l’école. Dans l’infolettre d’octobre 2025, nous avions d’ailleurs consacré un article complet à cet organisme sous le titre « Faire équipe avec l’école : Place à l’école à vos côtés ».
Cet organisme accompagne les parents afin de mieux comprendre le fonctionnement du milieu scolaire, le langage utilisé et les démarches possibles lorsque des difficultés se présentent. Je recommande fortement à tous les parents de communiquer avec cet organisme avant même d’entreprendre des échanges ou des rencontres avec les représentants de l’école de leur enfant. Être mieux informé et outillé dès le départ peut faire toute la différence lorsque vient le moment d’aborder certaines situations avec l’école.
Si vous êtes un parent qui tente de comprendre ces démarches, prendre connaissance du rôle de chacun de ces alliés et savoir à quel moment les interpeller peut réellement faire une différence. Trop souvent, des démarches doivent être reprises simplement parce que l’ordre des recours ou le rôle des instances n’étaient pas clairs au départ.
Je demeure convaincue que l’information présentée dans cette édition pourra aider plusieurs parents à mieux se repérer dans leurs démarches et à comprendre vers quels alliés se tourner lorsque certaines situations deviennent plus complexes.
Et si, malgré tout, des questions demeurent, il ne faut pas oublier que le Regroupement TDL Québec et les organismes régionaux qui accompagnent les personnes présentant un trouble développemental du langage et leur famille sont également là pour guider les parents, répondre à certaines de leurs questions et, lorsque c’est possible, les orienter vers les ressources capables de les accompagner.
Notre rôle est aussi de soutenir les enseignants et les intervenants du milieu scolaire en offrant des outils, des ateliers, des formations et des occasions d’échanger afin de mieux accompagner les jeunes qui vivent avec ces défis. Malgré le dévouement des professionnels présents dans les écoles, et particulièrement des orthophonistes, la réalité demeure que les ressources disponibles ne suffisent pas toujours à répondre à tous les besoins.
Aux enseignants qui nous lisent, sachez que vous n’êtes pas seuls. Les organismes régionaux et le Regroupement TDL Québec peuvent également vous soutenir et vous orienter vers des outils et des ressources qui vous aiderons à mieux accompagner les élèves présentant des défis d’apprentissage dans votre classe.
Mais au cœur de tout cela, il y a une réalité que je ne peux ignorer : lorsque le parent, le proche aidant, s’épuise ou finit par tomber, c’est tout l’équilibre autour du jeune qui tombe avec lui. Parce que lorsque le parent tombe, trop souvent, tout tombe avec lui !
C’est précisément pour cette raison qu’il devient essentiel que vous connaissiez vos alliés et que vous sachiez que vous n’êtes pas seuls dans ces démarches.
Parce qu’au bout de toutes ces démarches, il y a toujours un jeune qui mérite d’apprendre, de progresser et de trouver sa place à l’école.
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L’Office des personnes handicapées du Québec (OPHQ) est un allié important pour les parents et les proches. Cet organisme aide à mieux comprendre les droits d’un élève ayant un handicap et les démarches permettant d’accéder aux services auxquels il peut avoir droit durant son parcours scolaire.
Il importe toutefois de préciser que l’OPHQ s’adresse à toute personne vivant avec un handicap, peu importe son âge.
Dans le cadre de cet article, nous faisons principalement référence aux parents et aux proches d’un jeune vivant avec un TDL. Toutefois, les services de l’OPHQ accompagnent également les adolescents et les adultes à différentes étapes de leur parcours.
Rappelons-le clairement : le trouble développemental du langage est reconnu au Québec comme un handicap.
Cette reconnaissance permet d’accéder à différents mécanismes d’accompagnement, d’information et d’orientation.
Quel est le rôle de l’OPHQ ?
L’OPHQ agit comme un service conseil gouvernemental dont la mission est de soutenir la participation sociale des personnes handicapées.
Son rôle n’est pas d’offrir des services professionnels comme l’orthophonie, l’ergothérapie ou la psychoéducation. Il intervient plutôt pour accompagner les personnes et les familles afin de mieux comprendre les démarches possibles et de s’orienter dans les réseaux de l’éducation, de la santé et des services sociaux.
Concrètement, l’OPHQ peut notamment :
- offrir des services conseils personnalisés
- accompagner les parents et les personnes dans leurs démarches
- soutenir la coordination des services entre les différents partenaires
- aider à mieux comprendre les droits liés à une situation de handicap
- orienter vers les ressources et programmes appropriés
Cet accompagnement permet souvent de mieux structurer les démarches et d’éviter que les familles se retrouvent seules devant un système parfois complexe.
Un allié dès les premières questions des parents
Lorsqu’un parent se questionne sur les services offerts à son enfant à l’école primaire ou secondaire, il peut être très pertinent de communiquer rapidement avec l’OPHQ.
Le service conseil permet notamment de mieux comprendre :
- les droits d’un élève ayant un handicap
- le rôle de l’école et du centre de services scolaire
- les démarches possibles lorsque des services tardent à être mis en place
- les options disponibles avant que la situation ne se complexifie
L’OPHQ n’est pas une ressource de dernier recours. Il peut devenir un allié tout au long du cheminement du parent.
Être mieux informé dès le départ permet souvent d’aborder les rencontres avec l’enseignant et ou l’équipe école avec davantage de clarté et de confiance.
Les droits de l’élève au primaire et au secondaire
Un élève vivant avec un TDL reconnu comme handicap peut avoir accès à différentes mesures d’accommodement et à des services adaptés à ses besoins.
Ces mesures visent à favoriser sa participation scolaire et son accès aux apprentissages.
Elles peuvent notamment inclure :
- des adaptations pédagogiques
- des outils technologiques
- du soutien professionnel spécialisé
- des ajustements liés aux évaluations ou aux méthodes d’apprentissage
Comprendre ces droits permet aux parents de mieux collaborer avec l’école et de participer activement aux échanges entourant le plan d’intervention et les services offerts à leur enfant.
Un point d’appui pour mieux comprendre les démarches possibles
Naviguer dans les différents réseaux peut rapidement devenir complexe pour une famille.
L’OPHQ permet de clarifier les responsabilités des différents acteurs, de mieux comprendre les options disponibles et de structurer les démarches lorsque des défis persistent.
Il est toutefois important de comprendre que l’OPHQ n’est pas un mécanisme de plainte.
Lorsque la situation nécessite une plainte formelle en milieu scolaire, notamment en lien avec des services non rendus ou des droits non respectés, le Protecteur de l’élève demeure la référence officielle après les démarches internes auprès de l’établissement scolaire.
L’OPHQ peut néanmoins aider à comprendre ce processus et à orienter adéquatement les démarches.
Un accompagnement qui se poursuit dans le temps
Bien que plusieurs démarches débutent lorsque l’enfant est au primaire ou au secondaire, les besoins liés au TDL peuvent se poursuivre à différentes étapes de la vie.
Les personnes vivant avec un TDL conservent des droits à des mesures d’accommodement lors de la poursuite des études, notamment au collégial et à l’université, ainsi que dans d’autres sphères de participation sociale.
L’OPHQ demeure alors une ressource importante pour mieux comprendre les services disponibles et les démarches possibles tout au long du parcours.
Utiliser les ressources pour mieux avancer
Les ressources existent. Elles ne règlent pas tout, rien n’est parfait. Mais elles sont là pour être utilisées.
Trop souvent, les parents tentent de comprendre seuls un système complexe, multiplient les démarches sans savoir vers qui se tourner ou attendent en espérant que la situation se règle d’elle-même.
Communiquer avec l’OPHQ, poser ses questions, valider une démarche ou simplement chercher à mieux comprendre peut parfois faire gagner un temps précieux.
Parce qu’au fond, une réalité demeure : on ne sait pas ce qu’on ne sait pas !
Et lorsqu’un parent s’outille, s’informe et utilise les ressources disponibles, il se donne surtout les moyens d’avancer plus rapidement pour son enfant. Parfois, le premier pas n’est pas de se battre davantage. C’est simplement de ne plus avancer seul !
En savoir plus sur l’OPHQ

Idéalement, aucun parent ne devrait avoir à porter plainte pour que son enfant reçoive les services auxquels il a droit à l’école.
Dans la majorité des situations, la collaboration avec l’équipe école permet d’avancer. Les rencontres, les échanges, la mise en place d’un plan d’intervention et les ajustements progressifs constituent toujours la première étape. Le dialogue demeure essentiel, la concertation aussi.
Mais que faire lorsque, malgré les rencontres, malgré les engagements inscrits au plan d’intervention et malgré les suivis, les services diminuent ou ne sont tout simplement pas offerts ? Que faire lorsque les mesures convenues ne sont pas appliquées ? Que faire lorsqu’un élève n’a pas accès à l’accompagnement nécessaire, qu’il s’agisse d’orthophonie, d’orthopédagogie, d’ergothérapie, de psychoéducation ou d’autres services spécialisés essentiels ?
À ce moment, la plainte n’est pas un geste de confrontation. Elle devient un geste de protection !
Le Protecteur de l’élève est une instance indépendante et neutre dont la mission est de veiller au respect des droits des élèves du préscolaire, du primaire et du secondaire. Il ne représente ni l’école ni les parents. Il analyse la situation à la lumière des droits reconnus à l’élève et peut formuler des recommandations lorsque des manquements sont constatés.
Pourquoi est-ce important ? Parce qu’une plainte ne concerne pas uniquement une situation individuelle. Elle contribue aussi à documenter des enjeux systémiques.
Une réalité invisible qui passe sous le radar
L’élève présentant un TDL n’attire pas nécessairement l’attention sur lui. Souvent, il ne dérange pas. Il ne perturbe pas le fonctionnement de la classe. Il peut sembler discret, réservé, silencieux. Il peut même développer des stratégies pour masquer ses difficultés.
Ce calme apparent ne signifie pas que tout va bien !
Pourtant, les impacts sont bien réels. Ils peuvent toucher la compréhension des consignes, l’organisation des idées, l’expression orale et écrite, l’apprentissage du vocabulaire scolaire, l’accès aux textes, la participation en classe et la capacité à démontrer ses compétences.
L’Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec rappelle que le langage et la communication sont au cœur des apprentissages et que la présence d’orthophonistes à l’école contribue à la réussite éducative.
Autrement dit, lorsque le langage est fragilisé, c’est l’accès au curriculum qui peut l’être aussi.
La réalité actuelle au Québec
Il faut aussi nommer le contexte. Les compressions budgétaires dans différents ministères, dont le ministère de l’Éducation, ont des répercussions directes sur les milieux scolaires. Les décisions de coupures affectent les postes professionnels, les heures de service et les budgets de formation.
Toute réduction de ressources a un impact direct sur l’accès aux services !
Lorsque les postes d’orthophonistes, d’ergothérapeutes, d’orthopédagogues ou de psychoéducateurs sont diminués, ce sont les élèves qui en subissent les conséquences. Sans oublier l’enseignant, qui a lui aussi besoin d’être soutenu et outillé adéquatement pour accompagner les différents profils d’élèves dans sa classe.
Les accommodements et l’accompagnement professionnel sont essentiels, et non simplement souhaitables !
Pourquoi l’accompagnement professionnel doit être interdisciplinaire
Un élève vivant avec un trouble développemental du langage peut avoir besoin d’une équipe, pas d’un seul service !
Orthophonie
L’orthophoniste soutient le développement du langage et de la communication, en lien direct avec les apprentissages. L’OOAQ insiste sur le fait que le langage est au cœur de la vie scolaire et que la présence des orthophonistes constitue un soutien incontournable au réseau scolaire.
Orthopédagogie
L’orthopédagogue aide à traduire les besoins langagiers en stratégies d’apprentissage, à soutenir l’accès à la lecture et à l’écriture et à adapter les tâches scolaires afin que l’élève puisse démontrer ses compétences.
Ergothérapie
L’ergothérapeute agit sur l’autonomie et l’environnement scolaire : organisation, planification, gestion du matériel, exécution des tâches, écriture, fonctions exécutives. L’Ordre des ergothérapeutes du Québec décrit clairement cette contribution en milieu scolaire auprès de l’enfant, des parents et de l’enseignant.
Psychoéducation
Le psychoéducateur joue un rôle important lorsque les défis s’accompagnent d’enjeux d’adaptation, de régulation et d’engagement.
Ces professionnels ne sont pas des extras. Ils stabilisent le parcours scolaire. Ils outillent l’équipe école. Ils protègent la motivation.
Quand les mesures prévues ne sont pas offertes
Dans un contexte où les ressources sont limitées, il arrive que des décisions de priorisation réduisent l’accès à certains services. Parfois c’est progressif. Parfois c’est abrupt. Parfois, ce qui est écrit au plan d’intervention ne se traduit pas dans le quotidien.
Et c’est précisément là que la question se pose.
Porter plainte ne doit jamais être la première option. Mais lorsque les démarches collaboratives sont épuisées et que les droits de l’élève ne sont pas respectés, le recours existe pour une raison.
Le cheminement avant de s’adresser au Protecteur de l’élève
Avant toute chose, il est recommandé de communiquer avec l’Office des personnes handicapées du Québec afin d’accéder à leurs services conseils. Il est également très pertinent de rencontrer les experts de l’organisme Place à l’école, qui offrent gratuitement leur accompagnement aux parents partout au Québec. Ces intervenants connaissent le fonctionnement du système scolaire et peuvent vous aider à structurer vos questions et à mieux vous préparer aux échanges.
Une fois bien outillé et préparé, vous pourrez confirmer une rencontre avec l’enseignant et ou l’équipe école afin de discuter des besoins de votre enfant.
Si, malgré ces étapes, les services convenus ne sont pas appliqués, une plainte peut être déposée auprès du responsable du traitement des plaintes du centre de services scolaire ou de l’établissement privé concerné.
Ce n’est que lorsque ces démarches internes ont été complétées sans correction de la situation que le recours au Protecteur de l’élève devient possible.
Approche à privilégier avant d’envisager une plainte
- Rencontrer l’enseignant et ou l’équipe école
Clarifier les besoins, demander des explications, chercher des solutions réalistes. - Formaliser les engagements
S’assurer que les mesures, services et responsabilités sont inscrits clairement au plan d’intervention. Conserver les comptes rendus, courriels et dates. - Vérifier l’application dans le temps
Observer si les mesures sont réellement appliquées, si les services sont maintenus et si les ajustements sont cohérents. - Si rien ne change malgré les démarches
Recourir au mécanisme officiel interne de plainte, puis au Protecteur de l’élève en dernier recours.
Parent, vous ne dérangez pas !
Parce que le TDL est invisible et encore peu connu, plusieurs parents hésitent à insister. Ils craignent de déranger.
Demander que les mesures prévues soient appliquées n’est pas un excès. Ce n’est pas réclamer un privilège ! C’est rappeler qu’un TDL persiste dans le temps et influence l’ensemble du parcours scolaire.
Oui, la collaboration demeure la voie privilégiée. Oui, personne ne souhaite en arriver à une plainte. Mais lorsque les mesures convenues ne sont pas appliquées, lorsque les services sont coupés ou inexistants et lorsque les besoins demeurent non répondus malgré les démarches, agir devient un acte responsable !
Ce n’est pas une démarche contre une personne… C’est une démarche pour un droit !
Et derrière ce droit, il y a plus de 85 000 élèves présentant un TDL au Québec qui méritent d’être soutenus, accompagnés, compris et outillés pour apprendre à la hauteur de leur potentiel.
Rendre visible l’invisible, c’est aussi agir lorsque les besoins ne sont pas respectés !
Explorez vos options

Après avoir discuté avec l’école, rencontré la direction, participé aux suivis et, dans certains cas, déposé une plainte auprès du Protecteur national de l’élève, plusieurs parents se retrouvent devant une même réalité : malgré les démarches entreprises, la situation de leur enfant ne change pas ou évolue trop peu.
À cette étape, plusieurs familles se demandent jusqu’où elles peuvent aller pour faire respecter les droits de leur enfant.
Un recours supplémentaire existe lorsque les droits d’un élève pourraient ne pas être respectés.
La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse
La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse est un organisme indépendant chargé d’assurer le respect des droits protégés par la Charte des droits et libertés de la personne, incluant les droits des enfants dans le réseau scolaire.
Son intervention ne vise pas à trancher un désaccord entre un parent et une école ni à revoir une décision pédagogique. La Commission intervient plutôt lorsqu’une situation peut constituer une discrimination ou une atteinte aux droits d’un enfant.
Dans le contexte scolaire, cela concerne notamment le droit d’un élève de recevoir des services adaptés à sa réalité afin d’avoir accès à une éducation équitable.
Pour un jeune vivant avec un trouble développemental du langage, cette question devient particulièrement importante lorsque les défis langagiers ont des répercussions directes sur les apprentissages, la participation en classe et la réussite scolaire.
Quand cette démarche peut devenir pertinente
Plusieurs parents hésitent avant d’envisager cette étape, croyant qu’elle devrait être utilisée seulement dans des situations extrêmes. Pourtant, certaines réalités peuvent justifier une analyse par la Commission, notamment lorsque :
- les mesures d’adaptation reconnues ne sont pas appliquées de façon constante
- les besoins liés au handicap sont remis en question malgré la documentation professionnelle
- l’élève vit des conséquences scolaires importantes faute de soutien adéquat
- les démarches internes et les mécanismes de plainte ont été complétés sans amélioration réelle
- l’enfant se retrouve désavantagé comparativement aux autres élèves en raison de sa condition
La question centrale que la Commission analyse est simple mais fondamentale : est-ce que l’enfant a réellement accès aux mêmes chances d’apprentissage que les autres élèves ?
Reconnaître la réalité vécue par les parents
Se rendre jusqu’à cette étape représente rarement une décision prise à la légère.
Avant d’en arriver là, les parents ont souvent investi une énergie considérable. Ils deviennent coordonnateurs, défenseurs, interprètes des besoins de leur enfant et parfois même médiateurs entre différents intervenants.
Ils apprennent les processus, documentent les situations, participent à de nombreuses rencontres et tentent constamment de maintenir une collaboration positive avec le milieu scolaire.
Cette accumulation de démarches est exigeante mentalement et émotionnellement. Elle s’ajoute à la réalité quotidienne d’accompagner un enfant qui doit déjà fournir des efforts importants pour composer avec ses défis.
Plusieurs parents décrivent un sentiment d’épuisement lié au fait de devoir continuellement expliquer, justifier ou rappeler les besoins pourtant reconnus de leur enfant.
Envisager un recours supplémentaire signifie donc poursuivre un parcours déjà lourd. Cette réalité doit être reconnue, car derrière chaque démarche se trouve un parent qui cherche avant tout à éviter que son enfant soit placé en situation de handicap faute d’accompagnement adéquat.
Comment la Commission analyse une situation
Lorsqu’un parent communique avec la Commission, une première analyse permet de comprendre le contexte et les démarches déjà réalisées. L’organisme peut alors :
- examiner la documentation disponible
- analyser les impacts vécus par l’enfant
- évaluer si une situation de discrimination pourrait être présente
- communiquer avec les organisations concernées
- entreprendre une enquête lorsque nécessaire
Cette étape apporte souvent un changement important. Le dossier n’est plus uniquement porté par le parent, mais étudié par une instance indépendante ayant le mandat légal de protéger les droits des citoyens et des enfants.
Ce que cela peut changer concrètement
L’intervention de la Commission peut amener les milieux concernés à revoir certaines pratiques, clarifier des obligations ou accélérer la recherche de solutions adaptées.
Dans plusieurs situations, des correctifs sont mis en place avant même que le dossier n’aille plus loin, simplement parce qu’une analyse indépendante est en cours.
L’objectif demeure toujours de rétablir une situation équitable pour l’enfant.
Un recours pouvant mener devant le Tribunal des droits de la personne
Lorsque l’enquête démontre qu’une atteinte aux droits est présente et qu’aucune solution satisfaisante n’est appliquée, la Commission peut décider de porter le dossier devant le Tribunal des droits de la personne.
Le Tribunal possède alors un pouvoir décisionnel contraignant. Il peut ordonner la mise en place de mesures correctives afin que les droits de l’enfant soient respectés.
Cette possibilité constitue un levier réel lorsque toutes les autres démarches ont été franchies.
Aller plus loin, lorsque cela devient nécessaire
Aller jusque-là n’est jamais la première intention d’un parent. La majorité souhaite simplement que les besoins de leur enfant soient compris et que les services nécessaires soient mis en place dans un esprit de collaboration.
Mais lorsque les démarches n’aboutissent pas, connaître l’existence de ce recours devient essentiel. Parce que l’accès équitable à l’éducation, aux services et aux mesures d’accompagnement ne repose pas uniquement sur la persévérance des parents. Ces droits sont reconnus et protégés.
Pour certains parents, franchir cette étape représente la continuité d’un engagement déjà immense envers leur enfant. Un engagement qui demande courage, patience et une énergie considérable.
Et parfois, aller plus loin n’est pas un choix. C’est simplement la démarche nécessaire pour que les droits d’un enfant soient enfin pleinement reconnus et respectés !
Pour en apprendre plus
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AQUOPS 2026 : DES OUTILS CONCRETS POUR SOUTENIR LES ÉLÈVES AYANT DES DÉFIS LANGAGIERS
Du 31 mars au 2 avril 2026, le Regroupement TDL Québec sera présent au colloque de l’AQUOPS à l’hôtel Hilton de Québec, un événement incontournable en matière de numérique éducatif et d’innovation pédagogique.
Notre présence s’inscrit dans une conviction claire : le numérique, lorsqu’il est réfléchi et bien accompagné, peut devenir un puissant levier d’inclusion pour les élèves vivant avec un trouble développemental du langage. Dans un contexte où les outils technologiques occupent une place grandissante en classe, il est essentiel qu’ils soient utilisés de façon stratégique pour soutenir la compréhension, l’organisation des idées et l’expression des jeunes ayant des défis langagiers.
L’inclusion ne repose pas uniquement sur la bonne volonté. Elle repose sur des pratiques concrètes, des outils adaptés et une meilleure compréhension des besoins. C’est précisément ce que nous souhaitons mettre de l’avant.
Nous vous attendons au kiosque numéro 39 pour découvrir des ressources développées pour le milieu scolaire et pour échanger sur des solutions réalistes et applicables.
Nous présenterons également deux ateliers intitulés Inclure autrement, Le numérique au service des jeunes avec des défis langagiers.
Atelier 7204
1er avril à 15 h 15
Présentiel
Atelier 10210V
2 avril à 13 h 15
Virtuel
L’an dernier, la salle était comble. Réservez votre place et venez réfléchir avec nous à des solutions inclusives qui transforment les pratiques… et les parcours scolaires !
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Au plaisir de vous partager des nouveautés le mois prochain ! Lyne Pelchat 1 800 495-4118 #100 | direction@regroupementtdl.ca |






































