
![]() |
La recherche est au cœur des avancées qui permettent de mieux comprendre, reconnaître et accompagner le trouble développemental du langage. En 2026, faire avancer le TDL passe par l’engagement des chercheurs, des familles et de toute la communauté.
Par Lyne Pelchat, directrice générale du Regroupement TDL Québec
En ce début d’année 2026 : regarder le chemin parcouru, mais surtout celui qu’il nous reste à faire
Le trouble développemental du langage (TDL) demeure encore aujourd’hui un trouble largement méconnu et insuffisamment documenté, malgré les impacts bien réels qu’il a sur la vie des personnes qui le vivent et des familles qui les accompagnent. Cette réalité rappelle à quel point les avancées reposent sur une base essentielle : la recherche. Sans connaissance solide, il devient difficile d’améliorer les pratiques, de faire évoluer les services et d’influencer les décisions qui façonnent les politiques publiques.
Merci à la recherche… et à celles et ceux qui y participent
Les progrès réalisés au fil des ans sont le résultat d’un travail rigoureux, mené avec engagement et persévérance. Derrière chaque étude, chaque publication et chaque donnée recueillie, il y a des chercheurs, des chercheuses, des équipes universitaires et des centres de recherche, mais aussi des participants, peu importe leur âge. Enfants, adolescents, adultes et familles acceptent de partager leur temps, leur expérience et leur réalité. Sans leur participation, aucune donnée ne peut être recueillie et aucune avancée réelle n’est possible. La recherche en TDL repose avant tout sur les personnes concernées.
Une recherche plus présente, du tout-petit à l’âge adulte
Si je prends la parole aujourd’hui, c’est parce que je crois profondément que nous pouvons aller plus loin. Le TDL est un trouble neurologique présent dès l’enfance et qui persiste tout au long de la vie. Trop souvent, la recherche demeure fragmentée par âge ou par milieu, alors que les besoins, eux, évoluent et se transforment au fil du parcours de vie. Il est essentiel de développer des projets de recherche qui tiennent compte de l’ensemble de ce parcours, du tout-petit à l’adulte, afin de mieux documenter les transitions, les enjeux et les réalités vécues à chaque étape.
Au-delà des diagnostics et des classifications, la recherche joue aussi un rôle fondamental pour mieux comprendre les impacts fonctionnels du trouble développemental du langage sur le quotidien. Le TDL influence bien plus que le langage. Il a des répercussions sur la communication, les apprentissages, les relations sociales, l’autonomie et la participation à la vie scolaire et sociale. Ces impacts évoluent dans le temps, de l’enfance à l’adolescence, puis à l’âge adulte, et demeurent encore trop souvent invisibles. Les documenter permet d’outiller plus adéquatement les milieux, les intervenants, les familles et les décideurs.
Au Québec, des équipes de recherche travaillent fort
Le Québec peut compter sur plusieurs équipes universitaires et centres de recherche qui contribuent activement à l’avancement des connaissances en langage, en neurodéveloppement et en neurodiversité. Je tiens ici à souligner le travail de certaines institutions pour n’en nommer que quelques-unes, notamment l’Université Laval, l’Université de Montréal, l’Université du Québec à Montréal, l’Université du Québec à Trois-Rivières, l’Université de Sherbrooke, ainsi que des centres comme le Centre interdisciplinaire de recherche en réadaptation et intégration sociale (CIRRIS) et le Centre de recherche Azrieli du CHU de l’hôpital Sainte-Justine.
Il est toutefois important de reconnaître que de nombreuses institutions anglophones, au Québec et ailleurs au Canada, contribuent également à la recherche et enrichissent les connaissances par des travaux complémentaires.
Pour convaincre les décideurs, il faut des données
Les besoins exprimés sur le terrain, aussi légitimes soient-ils, doivent être appuyés par des résultats probants pour se traduire en actions concrètes. Les décisions gouvernementales et ministérielles reposent sur des analyses, des chiffres et des études. Lorsque la recherche est insuffisante, les réalités demeurent invisibles et les changements tardent à se concrétiser.
La recherche a besoin de la communauté TDL
Aucune recherche ne peut exister sans la participation directe des personnes concernées. La recherche en TDL repose sur l’implication des enfants, des adolescents, des adultes et des familles, souvent déjà très sollicitées par un quotidien exigeant fait de rendez-vous, de suivis, de démarches et d’adaptations constantes.
Je tiens ici à vous dire clairement que, au Regroupement TDL Québec, nous sommes pleinement conscients de la réalité que vous vivez en tant que parents. La charge mentale et émotionnelle est bien réelle, tout comme le temps consacré aux rendez-vous, aux suivis professionnels et à l’accompagnement quotidien de votre enfant, à l’enfance, à l’adolescence et parfois bien au-delà. Nous savons que votre disponibilité est souvent limitée et que votre quotidien est déjà lourdement chargé.
Malgré cette réalité, votre contribution à la recherche fait toute la différence, parce qu’il s’agit de votre vécu, de votre réalité et de celle de votre enfant. Ce sont ces expériences concrètes qui permettent de mieux comprendre le trouble développemental du langage, de documenter ses impacts réels et de faire avancer les connaissances au bénéfice de toute la communauté.
Mais la réalité demeure simple : sans participants, la recherche ne peut pas avancer. Chaque contribution permet de bâtir une base de connaissances qui sert ensuite à développer de meilleurs outils, à adapter les pratiques, à soutenir les intervenants, à améliorer les services et à appuyer les démarches de représentation et de sensibilisation.
C’est pourquoi j’invite, avec beaucoup de respect et de bienveillance, les personnes vivant avec un TDL et les familles à rester attentives aux projets de recherche et à considérer, lorsque cela est possible, de participer. Donner un peu de son temps aujourd’hui, peut avoir un impact durable pour demain.
Et si vous aussi, vous pouviez faire une différence ?
Faire avancer la recherche n’est pas uniquement l’affaire des milieux universitaires. Toute personne sensible à la cause peut contribuer, à sa façon, à soutenir les travaux qui permettront de mieux comprendre le TDL et d’améliorer les réponses offertes. Faire un don peu importe le montant fait une différence !
La Fondation TALAN joue un rôle clé en soutenant financièrement des projets de recherche liés à la neurodiversité et aux défis liés à l’apprentissage, dont le TDL. Chaque don compte, peu importe le montant, car ce sont les contributions additionnées qui permettent de soutenir concrètement la recherche.
La Fondation du CHU Sainte-Justine mobilise également des ressources importantes pour appuyer la recherche pédiatrique et l’innovation en santé, notamment par son soutien au Centre de recherche Azrieli du CHU Sainte-Justine. Ces travaux contribuent à faire avancer les connaissances en neurodéveloppement et en santé mentale, des domaines étroitement liés à la réalité du TDL.
En 2026, nous avons tous un rôle à jouer
Parents, personnes vivant avec un TDL, intervenants, professionnels, chercheurs et citoyens peuvent tous poser des gestes concrets pour soutenir la recherche, que ce soit en participant à un projet, en relayant l’information ou en contribuant financièrement.
Un engagement collectif pour rendre le TDL visible
Pour 2026, mon souhait est simple, mais ambitieux : une recherche mieux soutenue, plus inclusive et profondément ancrée dans la réalité des personnes vivant avec un TDL. Comprendre le trouble développemental du langage, c’est reconnaître que ses impacts dépassent largement le langage lui-même. Ils influencent le quotidien, les apprentissages, les relations, l’autonomie et la participation sociale, de l’enfance à l’âge adulte. Sans recherche, ces réalités demeurent trop souvent invisibles, mal comprises ou sous-estimées.
Faire avancer le TDL exige une mobilisation collective. Chercheurs, milieux, familles, personnes vivant avec un TDL, intervenants et citoyens ont tous un rôle à jouer pour soutenir le développement de connaissances qui permettront d’améliorer les pratiques, les services et les décisions qui façonnent l’avenir, parce qu’au final, mieux comprendre le TDL, c’est se donner collectivement les moyens de mieux accompagner les personnes qui le vivent, aujourd’hui et pour toute la vie.
Pour mieux comprendre les impacts fonctionnels du TDL au quotidien
Pour saisir concrètement pourquoi la recherche est essentielle et comment elle permet de rendre visibles les impacts fonctionnels du TDL tout au long de la vie, nous vous invitons à écouter la capsule du Docteur Dave Ellemberg, neuropsychologue. À travers une approche accessible et vulgarisée, il explique comment le TDL influence le quotidien des personnes concernées, de l’enfance à l’âge adulte, et pourquoi cette compréhension est au cœur des avancées à venir !
|
|

Quand lire et écrire deviennent un obstacle invisible
Lire une consigne, comprendre un texte, écrire une réponse, structurer ses idées, relire pour vérifier le sens, corriger l’orthographe. À l’école, la lecture et l’écriture sont omniprésentes. Pourtant, pour plusieurs élèves, ces tâches représentent un défi constant. L’effort requis dépasse parfois leurs capacités, ce qui peut freiner la participation, la motivation et la confiance.
Ces défis sont loin d’être marginaux. Selon des analyses relayées par l’Université de Montréal, à partir de données de l’Institut de la statistique du Québec, près d’un élève sur quatre présente des difficultés d’apprentissage. Parmi ces élèves, plusieurs vivent des difficultés directement liées au langage, dont certaines s’inscrivent dans la réalité du trouble développemental du langage (TDL), un trouble neurodéveloppemental encore trop souvent méconnu.
Une réalité de classe marquée par la neurodiversité et le trouble développemental du langage
Aujourd’hui, la neurodiversité est bien présente dans les classes québécoises, et elle inclut notamment des élèves vivant avec un TDL. La recherche démontre qu’un élève sur 14 présente un TDL, ce qui représente plus de 85 000 élèves au Québec. Autrement dit, dans presque chaque classe, au moins un élève vit avec cet handicap invisible, un trouble neurologique présent à la naissance et qui persiste tout au long de la vie.
Les enseignants et enseignantes accompagnent ainsi des élèves aux profils variés, chacun avec ses forces, ses défis et ses besoins spécifiques. Pour les élèves vivant avec un trouble développemental du langage, les défis touchent fréquemment la compréhension des consignes, l’expression orale, la lecture et l’écriture, malgré une intelligence intacte. Cette réalité appelle des ajustements pédagogiques concrets afin de permettre à ces élèves d’accéder aux apprentissages et de démontrer leurs compétences au même titre que leurs pairs.
Quand l’écrit freine la réussite des élèves vivant avec un TDL
Pour les élèves vivant avec un TDL, les obstacles en lecture et en écriture peuvent devenir particulièrement envahissants. Ces difficultés ne reflètent pas un manque d’effort ou de motivation, mais bien un fonctionnement du langage différent, qui complexifie l’accès à l’écrit. Elles peuvent entraîner de la fatigue cognitive, de l’évitement, une baisse de l’estime de soi et parfois des comportements qui sont mal interprétés.
La Société canadienne de pédiatrie rappelle que plusieurs enfants présentent des vulnérabilités liées au langage et aux apprentissages dès l’entrée à l’école, et que ces difficultés peuvent persister si elles ne sont pas reconnues et soutenues adéquatement. Dans ce contexte, réduire la charge liée à l’écrit devient essentiel pour permettre à ces élèves de démontrer leurs compétences réelles.
Une solution concrète : Lexibar
Lexibar est un logiciel d’aide à la lecture et à l’écriture conçu pour soutenir les personnes qui rencontrent des difficultés avec l’écrit, notamment les élèves vivant avec un TDL. Développé en collaboration avec des professionnels du langage, l’outil est modulable et peut être ajusté selon les besoins de l’utilisateur, ce qui permet une utilisation flexible en classe, en formation ou à la maison.
Parmi les cinq fonctions d’aide offertes par Lexibar, on retrouve :
- Le prédicteur phonétique, qui soutient les élèves qui écrivent selon la voie phonologique
• Le prédicteur orthographique, qui aide à accéder à la forme écrite correcte des mots
• La synthèse vocale, qui permet d’entendre ce qui est écrit et soutient la compréhension et la relecture
• Le vérificateur d’orthographe, qui appuie la correction
• Les illustrations associées aux mots, qui soutiennent l’accès au sens et au vocabulaire
Lexibar est également bilingue français-anglais et offre plusieurs voix de synthèse vocale, ce qui le rend adaptable à différents profils et contextes d’apprentissage.
Un outil pour soutenir l’autonomie et la réussite
Pour les élèves vivant avec un TDL, un outil comme Lexibar peut faire une différence significative. En diminuant la charge liée à l’écrit, l’élève peut consacrer plus d’énergie à comprendre, organiser ses idées et démontrer ses apprentissages. L’objectif n’est pas de compenser le trouble, mais de donner accès aux apprentissages et de soutenir l’autonomie.
Un partenariat cohérent avec la mission du Regroupement TDL Québec
C’est dans cette perspective que s’inscrit le partenariat entre le Regroupement TDL Québec et Lexibar. Mettre de l’avant cet outil, c’est reconnaître que les défis liés à la lecture et à l’écriture sont bien réels pour les personnes vivant avec un TDL, et qu’ils nécessitent des réponses concrètes et accessibles.
Dans le cadre de ce partenariat, les membres des organismes affiliés et du Regroupement TDL Québec peuvent bénéficier d’un escompte de 10 % sur l’abonnement annuel à Lexibar, par l’entremise des sites Web des organismes participants et du Regroupement TDL Québec. Cette entente vise à faciliter l’accès à un outil reconnu, en cohérence avec la mission de soutien et d’outillage du Regroupement.
En mettant de l’avant ce partenariat, le Regroupement TDL Québec souhaite contribuer à une réflexion plus large sur l’accessibilité, l’équité et la reconnaissance du trouble développemental du langage dans nos milieux. Offrir les bons outils, au bon moment, c’est aussi reconnaître que la réussite ne passe pas par une seule voie, mais par des moyens adaptés aux réalités vécues sur le terrain !
En savoir plus
|
|

Être parent d’une personne vivant avec un trouble développemental du langage, c’est aussi être proche aidant
On parle souvent de proche aidance en pensant aux personnes qui accompagnent un parent vieillissant. Pourtant, selon L’Appui pour les proches aidants, une personne proche aidante est toute personne qui offre un soutien significatif, continu ou ponctuel, à un proche vivant avec une incapacité ou un besoin particulier, sans être un professionnel rémunéré. Cette définition inclut aussi les parents qui accompagnent leur enfant, adolescent ou adulte, vivant avec un trouble développemental du langage (TDL).
Si vous êtes parent d’une personne vivant avec un TDL, il est possible que vous ne vous soyez jamais identifié comme proche aidant. Et pourtant, au quotidien, vous coordonnez les services, accompagnez les démarches scolaires et médicales, soutenez émotionnellement, anticipez les transitions et portez une vigilance constante. Ce rôle a un impact réel sur la santé psychologique, la charge mentale, la vie professionnelle et la qualité de vie du parent.
Quand on parle d’« enfant », on parle aussi d’adolescent et d’adulte
Dans les textes, on utilise souvent le mot enfant pour parler d’une personne vivant avec un TDL. Pourtant, du point de vue du parent, l’enfant demeure son enfant, qu’il ait 6 ans, 16 ans ou 30 ans. Cette nuance est essentielle pour bien comprendre la réalité parentale.
Si vous êtes parent, vous le savez : l’accompagnement ne s’arrête pas à la fin du parcours scolaire. Les enjeux évoluent, mais les préoccupations demeurent. Et pour l’entourage, il est important de reconnaître que le rôle du parent ne disparaît pas avec l’âge, il se transforme.
Une réalité qui s’inscrit dans le temps
Le trouble développemental du langage est un trouble neurologique présent dès la naissance et qui persiste tout au long de la vie. L’enfant devient adolescent, puis adulte. Selon la sévérité du TDL et la présence fréquente de comorbidités associées, les défis changent, mais ne disparaissent pas.
Pour vous, parent, cela peut signifier une vigilance à long terme liée aux études, à l’autonomie, à l’emploi, à la vie sociale et à la sécurité financière. Selon Proche Aidance Québec, cette continuité du rôle peut accentuer la fatigue émotionnelle et le sentiment de responsabilité constante. Ce n’est pas un manque de résilience, c’est la réalité d’un rôle qui s’inscrit dans la durée.
Janvier, un moment charnière pour les parents proches aidants
Le début d’année est souvent présenté comme un moment de renouveau. Pourtant, pour plusieurs parents proches aidants, janvier rime surtout avec reprise, fatigue accumulée et charge mentale élevée.
Si vous êtes parent, il est possible que cette lourdeur soit bien réelle. Le retour des routines, des suivis et des responsabilités peut raviver un sentiment d’essoufflement. Selon Première Ressource, aide aux parents, cette période est particulièrement exigeante pour les parents qui portent déjà une charge émotionnelle importante.
Le parent, ce noyau central qu’il faut protéger
Au Regroupement TDL Québec, l’une de nos préoccupations majeures concerne le parent. Ce noyau central, ce soutien de base, cette véritable tour de contrôle autour de laquelle tout s’organise.
Si vous êtes parent, nous voulons vous le dire clairement : votre bien-être compte. Parce que lorsque l’épuisement s’installe, lorsque la fatigue émotionnelle devient trop lourde ou que l’isolement prend trop de place, tout l’équilibre autour de vous est fragilisé. Une question revient souvent dans nos réflexions, et elle habite profondément notre direction générale : si le parent tombe, tout tombe !
C’est pourquoi il est essentiel, collectivement, de garder un œil attentif sur le parent, de lui demander sincèrement comment il va, et de lui rappeler qu’il a le droit d’être soutenu. Être écouté, compris et accueilli sans jugement peut faire toute la différence.
Des ressources comme Première Ressource, aide aux parents, L’Appui pour les proches aidants et les organismes regroupés au sein de Proche Aidance Québec existent pour écouter, soutenir et accompagner les parents proches aidants. À cela s’ajoutent également les organismes spécialisés en trouble développemental du langage présents aux quatre coins du Québec, qui accompagnent les personnes vivant avec un TDL et leur famille à différentes étapes de la vie.
Même s’ils ne sont pas présents dans toutes les régions, ces organismes TDL jouent un rôle essentiel sur le terrain. On y entre parfois lorsque l’enfant est jeune, mais l’accompagnement ne s’arrête pas à l’enfance. Les personnes vivant avec un TDL, qu’elles soient enfants, adolescentes ou adultes, y sont les bienvenues et soutenues tout au long de leur parcours, tout comme leurs parents et leurs proches. Ces organismes connaissent la réalité du TDL, les défis qui évoluent avec l’âge, les enjeux scolaires, sociaux, professionnels et émotionnels, et peuvent offrir de l’information, du soutien, des outils et un accompagnement adapté dans la durée. Pour plusieurs familles, entrer en contact avec un organisme TDL devient un point d’ancrage précieux, un lieu où l’on se sent compris, reconnu et accompagné, sans jugement.
Un mot pour vous, le parent… et pour ceux qui vous entourent
Si vous êtes parent d’une personne vivant avec un TDL, rappelez-vous que vous n’avez pas à porter cette réalité seul. Prendre soin de vous, demander de l’aide et vous permettre de souffler font partie intégrante de votre rôle. Lorsque vous êtes soutenu et moins épuisé, vous êtes aussi mieux outillé pour accompagner votre enfant, aujourd’hui et pour les étapes à venir de sa vie.
Et si vous êtes un proche, un intervenant, un enseignant ou un employeur, osez poser la question au parent : Comment vas-tu, toi ? Être attentif, écouter sans jugement et orienter vers des ressources peut faire une réelle différence. Prendre soin du parent, c’est préserver l’équilibre de toute la famille, aujourd’hui et pour la suite du parcours.
Vous n’avez pas à cheminer seul !
Que vous soyez parent, intervenant ou professionnel, les organismes spécialisés en trouble développemental du langage peuvent vous guider et vous outiller à différentes étapes de la vie de la personne que vous accompagnez. Comme le mentionne souvent notre directrice générale, accompagner le trouble développemental du langage ne repose jamais sur une seule personne : il faut toute une communauté mobilisée pour soutenir une personne tout au long de sa vie !
Trouvez votre organisme

L’adolescence marque une période de grands changements, tant sur le plan scolaire que personnel et social. Pour les adolescents vivant avec un trouble développemental du langage (TDL), cette étape s’accompagne souvent d’une augmentation des exigences langagières, organisationnelles et relationnelles. Comprendre des consignes plus abstraites, participer à des échanges complexes, planifier des tâches à long terme ou naviguer dans les dynamiques sociales devient plus exigeant, alors même que le soutien tend parfois à diminuer.
À ce moment du parcours, le langage est omniprésent, mais demeure invisible. Sans ajustement adapté, plusieurs jeunes vivant avec un TDL peuvent se retrouver en situation de vulnérabilité, malgré leurs capacités et leur potentiel.
TÉVA : une démarche de transition, pas un programme uniforme
Au Québec, TÉVA signifie Transition de l’école vers la vie active. Il est important de préciser que TÉVA n’est pas un programme unique offert partout de la même façon, mais bien une démarche structurée de planification de transition, principalement portée par le milieu scolaire.
Cette démarche s’adresse surtout aux élèves EHDAA, c’est-à-dire des élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage, ainsi qu’à d’autres jeunes qui risquent de rencontrer des obstacles importants et qui ont besoin de soutien pour développer leur autonomie. La démarche TÉVA s’arrime généralement au plan d’intervention, et l’école a la responsabilité d’en amorcer les étapes en collaboration avec le jeune, sa famille et les partenaires concernés.
Sur le terrain, toutefois, la mise en œuvre de la démarche TÉVA varie grandement. Elle n’est pas instaurée de façon uniforme dans tous les centres de services scolaires, ni amorcée au même moment pour tous les élèves. De plus, elle n’est pas toujours adaptée à la réalité spécifique des adolescents vivant avec un TDL, dont les besoins en communication, en compréhension et en organisation nécessitent des ajustements ciblés et soutenus.
Lorsque requis, Santé et Services sociaux peut se greffer à la démarche, notamment par l’entremise de services de réadaptation ou de soutien spécialisé. L’approche TÉVA repose sur la complémentarité entre les réseaux d’éducation, de santé, de services sociaux et de la communauté, bien que l’accès à ces services demeure variable selon les régions et les profils.
Le programme ESCALADE : un outil structuré pour soutenir les adolescents vivant avec un TDL
Dans ce contexte, le programme ESCALADE constitue une approche particulièrement pertinente pour soutenir les adolescents vivant avec un TDL. Ce programme a été élaboré en co-construction avec des intervenants du milieu scolaire et des chercheurs et chercheuses du Centre interdisciplinaire de recherche en réadaptation et intégration sociale (CIRRIS), afin de répondre aux réalités concrètes observées dans les écoles secondaires.
ESCALADE vise à développer des compétences essentielles à l’adolescence, notamment la connaissance de soi, les habiletés de communication, la socialisation, ainsi que les capacités de planification et d’organisation. Ces dimensions sont centrales pour permettre aux jeunes de mieux comprendre leur fonctionnement, d’identifier leurs forces et de développer des stratégies adaptées à leur quotidien scolaire.
Pour les équipes-écoles souhaitant instaurer le programme, plusieurs outils sont accessibles afin de soutenir son implantation :
- un guide d’animation destiné aux intervenants
- un cahier pour les élèves, favorisant la réflexion et l’appropriation des stratégies
- des vidéos d’accompagnement
- du matériel visuel facilitant la compréhension
- des capsules de formation pour soutenir l’implantation du programme
Il demeure toutefois essentiel de rappeler que le programme ESCALADE n’est pas accessible dans toutes les écoles secondaires ni dans tous les centres de services scolaires du Québec. Son implantation dépend des ressources locales, de l’accès à la formation et des priorités des milieux. Ainsi, malgré la pertinence de l’approche et la disponibilité d’outils concrets, tous les adolescents vivant avec un TDL n’y ont pas encore accès.
Des approches développées ailleurs pour inspirer nos milieux
Au-delà de la démarche TÉVA et du programme ESCALADE, plusieurs initiatives développées ailleurs mettent en lumière des pistes inspirantes pour mieux accompagner les adolescents vivant avec un TDL, notamment :
- L’enseignement explicite du langage au secondaire, intégré aux matières scolaires et aux tâches quotidiennes
- L’enseignement structuré du vocabulaire, répété et contextualisé, pour soutenir la compréhension dans toutes les disciplines
- Le développement de l’autoreprésentation, afin d’aider le jeune à mieux comprendre son profil et à exprimer ses besoins
- La réduction de la charge langagière, sans diminuer les attentes scolaires
- La structuration de l’organisation et de la planification, pour soutenir l’autonomie et l’engagement
Ces approches démontrent qu’il est possible d’agir concrètement, même lorsque des programmes structurés ne sont pas implantés localement.
Continuer à réfléchir, à s’inspirer et à adapter nos pratiques
L’accompagnement des adolescents vivant avec un TDL gagne à s’appuyer sur des démarches structurées, sur des outils issus de la recherche et sur des pratiques développées en étroite collaboration avec les milieux scolaires. Les réflexions autour de la transition au secondaire et du développement des habiletés clés à l’adolescence montrent qu’il n’existe pas une seule réponse, mais plusieurs approches complémentaires à explorer.
Rester ouvert à ces initiatives, s’informer sur les outils disponibles et s’inspirer des pratiques développées ailleurs permet aux équipes-écoles, aux intervenants et aux partenaires de faire évoluer leurs façons de faire, en tenant compte de la réalité spécifique des adolescents vivant avec un TDL. C’est en poursuivant ce dialogue entre la recherche, le terrain et les besoins des jeunes que nous pourrons renforcer l’équité et la cohérence de l’accompagnement au secondaire !
Découvrez le programme Escalade
|
|
|
|
|
|
|
|
Visitez le site www.regroupementtdl.ca pour découvrir des informations et outils pratiques, ainsi que les ressources disponibles dans chaque région.
Au plaisir de vous partager des nouveautés le mois prochain ! Lyne Pelchat 1 800 495-4118 #100 | direction@regroupementtdl.ca |






































